05/01/2014

Boulanger, c’est un métier … ou une arnaque ?

boulangerCoul.jpgTout le monde peut s’auto-déclarer marketer : pas besoin de diplôme – et tant pis si le mauvais marketer conduit son entreprise à la faillite !

Par contre, depuis le décret du 2 avril 1998, « les boulangers qui ouvrent un magasin portant enseigne boulangerie doivent être titulaires d’un certificat d’aptitude professionnelle ou d’un brevet d’études professionnelles ou d’un diplôme ou d’un titre homologué de niveau égal ou supérieur ».

Et comme si cela ne suffisait pas (le lobby des boulangers semble bien puissant) « ne peuvent utiliser l'appellation de « boulanger » et l'enseigne commerciale de « boulangerie » ou une dénomination susceptible de porter à confusion […] les professionnels qui n'assurent pas eux-mêmes, à partir de matières premières choisies, le pétrissage de la pâte, sa fermentation et sa mise en forme ainsi que la cuisson du pain sur le lieu de vente au consommateur final », précise la loi du 25 mai 1998 !

La loi évoque un « emprisonnement de deux ans et une amende de 38112 € » pour les contrevenants : vae victis !

Si je souhaite acheter une baguette « tradition », j’ai le choix entre le boulanger du coin de la rue (il a le panneau : Boulanger, c’est un métier sur sa vitrine) et un autre commerçant « non boulanger » qui vend la sienne … 95 centimes ! Au goût, pas de différence, c’est la même qualité.

20 centimes, ce serait le prix récompensant l’artisan et consciencieux – mais évidemment pas celui qui fait le meilleur pain, puisque moi, pauvre consommateur, je n’y ai pas vu de différence.

Honnête … j’ai un doute : pendant l’été 1988, la spéculation sur les matières premières faisant flamber le cours de la farine, mon brave boulanger affichait un petit carton s’excusant de devoir augmenter le prix de la baguette de … 10 centimes, soit alors 10%. Quelques mois plus tard, les cours se sont effondrés – c’est ça, la spéculation – mais jamais le pauvre artisan n’a révisé ses prix à la baisse.

Consciencieux : ne plaisantons pas !

Vous connaissez CSM ? Vous, non, mais votre boulanger, oui ! Un groupe Néerlandais dont le « cœur de métier consiste à assurer la fabrication et la commercialisation d'une gamme de produits destinés à la pâtisserie et à la boulangerie ».

Ils proposent par exemple aux boulangers Caty Grains, une préparation à base de « tournesol, sésame torréfié, lin brun et jaune, blé, seigle, avoine et orge », bref « tous les ingrédients pour combler les attentes des consommateurs d’aujourd’hui » : ça, c’est du marketing !

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La travail de boulanger pâtissier se résume à quoi, finalement ? Mélanger de la poudre et de l’eau, et zou … au four !

Vous achetez la spécialité boulangère le prunier : c’est 500 grammes de Caty Grains, 500 grammes de farine T55 ou 65, 25 grammes de levure et 200 grammes de pruneaux dénoyautés émincés.

Et selon que l’artisan dispose d’un « batteur ou pétrin spiral » ou d’un pétrin à « axe oblique ou oscillant », il réglera son appareil sur 5 + 7 minutes, ou 5 + 12 minutes de pétrissage : circulez, il n’y a rien à voir.

Comment réaliser pour Pâques de sympathiques biscuits « Joconde » ? « Fouetter Isajocone » (difficile de savoir ce qu’il y a dedans) et « incorporer Ruban moka fondu » :

Bref, l’artisan me fait plutôt penser à l’apprenti chimiste : mais n’essayez pas de faire pareil, vous n’avez pas le CAP nécessaire ou vous risquez deux ans de prison.

31/12/2013

Corbillards et dinosaures

L’année finissant, profitons-en pour sortir quelques photos du Smartphone pour enterrer dignement (pas sûr, en fait) quelques monstres …

Les dinosaures ont disparu depuis quelques (dizaines de millions) d’années : et pourtant, on en trouve encore sur les Champs Elysées, ils s’appellent … Vuitton.

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On en trouve aussi le long des trottoirs, on appelle ça des … crossovers : même forme balourde, même impression « d’en voie de disparition » (ou du moins, mériteraient de l’être) ! Et comme ils le savent, ils se garent à la place des convois funéraires.

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Vous direz que je fais du mauvais esprit jusqu’au dernier jour de l’année : mais je déteste les frimeurs … et les acheteurs de Vuitton et de crossovers !

25/12/2013

Le 25 décembre au matin

noel.jpgLe 25 décembre au matin, une foule de petits enfants de la génération Z vont fébrilement déballer les paquets cadeaux empilés sous le sapin de Noël ...

Première remarque : j'ai bien écrit une « foule », et non « tous » : car avec la baisse actuelle du pouvoir d'achat et la fracture sociale que les marketers se pressent toujours d'oublier, il y aura bien sûr des laissés sur le bord de la route ... pas gai, pour un tel jour, mais c'est une réalité à ne pas oublier, hélas.

Seconde remarque : certains se rendront directement sur le Web pour récupérer sous un sapin virtuel un cadeau en ligne à télécharger : musique, jeux, films, etc.

Ensuite, bon nombre d'entre eux passeront le reste de la journée englués devant leur écran, rechignant à passer à table : en d'autres temps, ç'aurait été autour du train électrique, ce qui, finalement, revient un peu au même !

Et puis, il y aura des pannes, comme toujours : la tablette défectueuse, la console qui refuse de se connecter.

Jadis, il y avait les piles qui n'étaient pas fournies avec les jouets et les gamins qui piaillaient : rien de nouveau sous le soleil.

Les parents partaient à la recherche de piles à la station service du coin ... Mais si le train ne démarrait pas pour une multitude d'autres raisons, il fallait calmer les gamins jusqu'à la réouverture des magasins le lendemain (ou le surlendemain quand Noël tombait un samedi.

Aujourd'hui, on se rue sur le téléphone en espérant que le SAV reste ouvert les jours fériés ... et il a intérêt, parce que sinon, ça va crier sur les médias sociaux !

Par exemple sur Twitter, où en 140 caractères, notre jeune Z va se défouler en n'oubliant surtout pas le # devant le nom de la marque ou du produit incriminé – sans aucun doute, après avoir vérifié en effectuant une recherche sur le dit #, juste pour voir si ses copains n'avaient pas rencontré le même problème.

Normalement, le Community Manager ne travaille pas les jours fériés ... ou plutôt légalement, sauf dans certains secteurs prévus par la loi, comme les transports – on a bien récemment vu ce qu'il en était dans la distribution avec l'ouverture des magasins le dimanche.

En d'autres termes, notre Community Manager a intérêt à répondre présent le jour de Noël pour prendre en conversations privées les twittos ou les fans de Facebook qui se plaignent de la console qui ne démarre pas. Les plus doués orienteront les parents vers le modèle supérieur, et gagneront une commission bien méritée.

Sinon, il va y avoir des lendemains de fête qui déchante.

Heureusement, le Community Management peut s'exercer à distance, près de son propre sapin de Noël ... mais pas n'importe comment : et leurs patrons seraient bien avisés de payer correctement cette journée de travail particulière ... sinon, c'est qui risquent de se voir citer plus tard sur les médias sociaux, avec des commentaires désobligeants !

C'est vrai que Noël n'est pas un jour comme les autres ... même sur les médias sociaux.  

PS : Ce post s’intègre dans le calendrier de l’avent de Stratégie Marketing ; pour découvrir les autres, rendez-vous ici.

12/12/2013

Distribution 2.0

adetem logo.gifS’il est bien un secteur d’activité qu’Internet a bousculé, c’est celui de la distribution : des géants sont apparus comme Amazon, et d’autres ont sombré.

Le Web 2.0 et les médias sociaux ont également permis la naissance de nouveaux acteurs, des premiers sites participatifs comme lafraise.com à la consommation collaborative qui émerge aujourd’hui et à l’économie circulaire.

Par ailleurs, les progrès technologiques ouvrent de nouveaux horizons : de nombreux consommateurs délaissent leur PC pour leur Smartphone et commerces virtuels et réels se télescopent soudain, d’autant que les tablettes s’invitent et viennent compliquer le jeu … en attendant la multiplication des montres et lunettes connectées ?

Distribution 2.0, c’est la distribution d’un nouveau type de consommateurs, exposés à de nouvelles technologies : un consommateur qui se laissera (peut-être) séduire par des offres en réalité augmentée, mais courra (peut-être) aussi tout Paris pour dénicher le livre rare qu’il désire absolument acheter.

Bref, le temps pour le club marketing 2.0 de l’Adetem jeter un regard croisé sur de multiples expériences et d’organiser le 21 janvier 2014 à 9 heures, une matinée consacrée à la distribution avec :

  • Maxence Dislaire,  CEO d’Improveeze, qui a analysé dans son Book Connected Store 70 enseignes ayant lancé un projet de magasins connectés en France et dans le monde.
  • Matthias VIRY, Directeur associé de 3ème Monde, évoquera son expérience des réseaux sociaux d’entreprise récemment développés par des enseignes de la grande distribution comme Auchan ou Leroy Merlin.
  • Catherine Torchy, Directrice de La P'tite Grenouille, expliquera comment une petite entreprise spécialisée dans la vente par correspondance d'articles pour bébé depuis 1993 a su s’adapter à Internet et aux médias sociaux.
  • Danielle Cillien Sabatier, Directrice de la Librairie Galignani, évoquera le futur d’une librairie née à Venise en 1520 et à Paris en 1801, spécialisée dans les ouvrages en langue anglaise.

Pour s'inscrire, c'est ici.

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11/12/2013

Problèmes de câblages pour les études marketing

cerveaux.jpgIntéressante étude dirigée par Ragini Verma, professeur de radiologie à la faculté de médecine de l’Université de Pennsylvanie, et dont la presse canadienne (lapresse.ca) se fait l’écho, étude montrant « chez l'homme une plus grande connectivité neuronale entre le devant du cerveau, siège de la coordination de l'action, et l'arrière où se trouve le cervelet, important pour le contrôle moteur […] Une telle connectivité suggère que le cerveau masculin est structuré pour faciliter les échanges d'informations entre le centre de la perception et celui de l'action ».

Et chez la femme ? « Les branchements relient l'hémisphère gauche, où siège la capacité d'analyse et de traitement de l'information, à l'hémisphère droit, où siège l'intuition ».

Donc, selon la chercheuse, « les hommes sont en moyenne plus aptes à apprendre et à exécuter une seule tâche, comme faire du vélo, du ski ou la navigation. Les femmes ont une mémoire supérieure et une plus grande intelligence sociale qui les rendent plus aptes à exécuter de multiples tâches et à trouver des solutions pour le groupe ».

La recherche « a ainsi montré que les femmes sont supérieures aux hommes pour la capacité d’attention, la mémoire des mots et des visages ainsi qu’aux tests d'intelligence sociale, mais les hommes les surpassent en capacité et vitesse de traitement de l'information ».

Question : comment adapter les messages publicitaires à des cibles masculines et féminines … ou comment optimiser des communications visant indifféremment les deux sexes ?

Par ailleurs, ces résultats devraient quelque peu modifier / compliquer la tâche des les animateurs de groupes qualitatifs : si les femmes présentent une meilleure capacité d’attention, certainement conviendrait-il d’en tenir compte pour l’animation de groupes mixtes !

Comment éviter des phénomènes de leadership liés à une meilleure mémorisation des mots lors  de tests projectifs ? Certainement, animateurs et analystes devraient-ils se précipiter sur les écrits des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie et revoir leur pratique en conséquence … pas sûr qu’ils soient nombreux à le faire, hélas !