24/09/2014

Nestlé contre Nestlé

Nescafe Arnaud.jpgNescafé a remporté le Prix de l’efficacité marketing 2014 de l’Adetem pour sa campagne « Really Friends ? » où la marque demande à un parfait inconnu nommé Arnaud, de partir à l’improviste à la rencontre de ses amis Facebook pour vérifier s’ils sont vraiment ses amis, et ce muni de 2 tasses Nescafé et d’une caméra pour filmer ses aventures.

Télescopage de récits, je n’ai pu m’empêcher de revoir certaines scènes de la saga – et plus particulièrement celle qui se passe dans je ne sais trop quel pays nordique sous la neige – en lisant le dernier livre d’Haruki Murakami : L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage – et bien sûr les chapitres où il retrouve en Finlande son ancienne amie de jeunesse Eri / Noire.

Fermons ce détour culturel et revenons au marketing …

Le trait de génie de Nescafé, c’est d’avoir choisi pour héros, non pas quelque acteur plus ou moins connu, mais une VRAI consommateur, avec un VRAI profil Facebook : Nescafé joue pleinement le jeu de la communication horizontale, où des amis Facebook incarnent leur vrai rôle … si on peut encore parler de rôle. On pourrait presque parler pour les spots passé à la télévision de Télé Réalité … si la Télé Réalité ne s’était dévoyée au rang de vulgarité totalement artificielle.

Ce qui me semble le plus intéressant, c’est de rapprocher la communication Nescafé de celle d’une autre marque de café : Nespresso et sa saga George Clooney. Ici, on se situe dans la cadre d’une communication verticale traditionnelle, avec tous les codes afférents et surannés : alors que tout le monde pourrait être Arnaud – et que beaucoup aspirerait à être George, personne – sauf quelques mythomanes – ne penserait sincèrement pouvoir être / devenir Clooney !

Les deux sagas se révèlent presque caricaturales des deux types de communication qu’elles incarnent : verticalisme exacerbé de Nespresso, avec sa marque majestueuse, voire divine dans certains épisodes, ses héros inatteignables, le luxe ultime de ces cafés dégustés avec Clooney et Damon sur une terrasse de Manhattan ; horizontalisme absolu de Nescafé où de vrais gens propulsent la marque sur le devant de la scène – au sens propre, puisque les tasses apparaissent au premier plan quand s’ouvre la porte des amis.

16/09/2014

Travaux à la chinoise

Petite ballade au Laos entre Luang Namtha et Luang Prabang : 310 kilomètres de « routes » … et 9 à 10 heures de conduite, notamment parce que le goudron a complètement disparu de la chaussée sur une petite centaine de kilomètres entre Pak Mong et Oudom Xai : mieux vaut louer des véhicules tous terrains, on a réellement besoin de ses 4 roues motrices !

Une dizaine de kilomètres avant Pak Mong, des ouvriers sont en train de refaire la route : enfin, dirais-je ! Ils posent une canalisation d’un fossé à l’autre, certainement pour évacuer les pluies torrentielles qui emportent régulièrement la route.

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Généralement, dans ces cas-là, la circulation s’effectue de manière alternée sur une moitié de la chaussée tandis que les pelleteuses s’affairent de l’autre côté ; puis on consolide le tranchée et la circulation change de côté, ce qui évite bien des désagréments, surtout quand il n’existe aucune déviation possible.

Ici, c’est différent : on coupe la route pendant 4 à 5 heures, et tout un petit monde s’active. Enfin, s’active, c’est un bien grand mot !

Les ouvriers laotiens creusent, et un contremaître chinois supervise, debout sur un tas de cailloux.

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De temps à autre, mais pas trop souvent, le grand chef (chinois) arrive, critique … et repart ; on le reconnaît à ses vêtements impeccables (pas une trace de boue) et à son sac en cuir.

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Le conducteur de la pelleteuse fonctionne à son rythme : c’est un ingénieur, comme le grand chef, donc il n’obéit pas vraiment au contremaitre ; d’ailleurs, quand le big boss arrive, il ne discute pas avec le contremaitre mais seulement avec le conducteur de la pelleteuse. Un peu plus loi, le conducteur du bulldozer ne parle à personne, et contemple tout de son perchoir.

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C’est le charme des organisations matricielles à la chinoise que j’ai eu le plaisir de découvrir en d’autres circonstances : tout gradé d’un rang supérieur peut contredire un subalterne, même s’il n’a pas les compétences en la matière ; in fine, ce sera au Grand Chef Suprême d’arbitrer … un de ces jours.

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Dans le petit univers de ce chantier, cela prendra juste un après-midi, créant une file de véhicules de plusieurs centaines de mètres dans les deux sens ; quand on repart, c’est pour découvrir 200 mètres plus loin … un second chantier, mal coordonné avec le premier … et c’est reparti pour une demi-heure de rab !

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10/08/2014

Tripadvisor, le grand n’importe quoi de l’été

Crillon.jpgSympa et efficace Tripadvisor en cette période estivale : il nous propose 10 palaces hôtels majestueux et accessibles !

Je clique sur le lien et découvre le The Gritti Palace de Venise ; à peine 1032 €, c’est vraiment accessible … mais pas pour moi : mauvais ciblage de mail ?

Heureusement à Paris il y a le Crillon, « LE meilleur endroit de Paris », dixit un internaute … auquel répondra personnellement ( ?) le directeur de l’hôtel : « Un grand merci pour ce commentaire ».

Bref, tout est mieux dans le meilleur … sauf que le Crillon est fermé pour rénovation jusqu’à la mi 2015 : bravo les gars !

Je pourrai toujours me consoler « avec des hôtels similaires » : le George V, à 1052 € la nuit ; soudain je ne rêve plus, sinon à des responsables marketing opérationnel un peu plus efficace que ceux de Tripadvisor … mais ça ne doit pas être compliqué à trouver !

04/07/2014

L’Adetem fête son 60ème anniversaire

Hier avait lieu la 9ème Nuit du Marketing de l’Adetem et la 2ème édition des Prix de l’Excellence Marketing by Adetem : les résultats sont ici. L’Adetem fêtait également son 60ème anniversaire et à cette occasion, je me suis fendu d’un petit discours.

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Quand on fête un anniversaire, un double danger nous menace : l’autoglorification d’une part, la rubrique nécrologique de l’autre ! Notre association est l’Association – avec un A majuscule – qui a le plus contribué au développement du marketing en France … et merci à XXX et YYY qui y ont si brillamment contribué – resquiat in pace. Généralement on place ce genre d’intervention en fin conférence, quand tout le monde attend avec impatience de pouvoir se saisir d’une coupe de Champagne pour être sûr que même les derniers retardataires seront bien là.

Alors plutôt que de vous parler des 60 dernières années de l’Adetem, je préférerais aborder un sujet nettement plus passionnant : les 60 prochaines années de l’Adetem – et ipso facto, les 60 prochaines années du marketing en France – et, soyons modestes, dans la francophonie, vous comprendrez pourquoi dans un instant.

Les 60 prochaines années, je peux en parler sans risque d’être contredit : je serai depuis bien longtemps en retraite quand arrivera l’heure des comptes.

Cela étant, pour se projeter efficacement dans l’avenir, il convient de prendre appui sur le passé, c’est pourquoi je vous propose un petit retour … 60 ans en arrière !

Et pour en parler, je souhaiterais inviter le personnage le plus important de cette saga – je parle bien évidemment du consommateur.

Un consommateur que personnellement j’ai bien connu, puisqu’il s’agissait … de mes parents : enfin, c’est juste une synecdoque, puisque j’évoque toute une génération.

Une génération pour qui la notion de progrès possédait une réelle et forte signification : imaginez le saut technologique, du linge que l’on lave à la rivière à la machine à laver ; du lait qui tourne au bout de 2 jours, à la brique UHT ; de rien du tout (ou peut-être des longues soirées à discuter devant un verre au café) à la télévision ; etc.

Tout cela dans un contexte où le pouvoir d’achat s’améliorait de jour en jour, où la fracture sociale se résorbait : l’âge d’or de la consommation … et du marketing.

Aujourd’hui, notre consommateur doit faire face à de nouveau changements : Internet, la téléphonie mobile ne sont que le début d’une longue liste ; mais des changements dont on ne sait pas nécessairement s’ils sont souhaités ou subis !

Et tout cela à une vitesse qu’il ne maîtrise plus : même la fameuse génération Y dont je vois de nombreux représentants dans la salle est complètement dépassée face aux digital natives – mais qu’ils se rassurent (ou que cela ne les rassure pas) : ces mêmes digital natives seront bientôt dépassés à leur tour.

Dans ce contexte, où plus personne ne comprend grand-chose, comment voulez-vous que les gens de marketing s’en sortent. Une seule certitude s’impose à eux, dans cette furieuse course en avant : tout ce qu’ils ont appris, non pas sur les bancs des universités, mais hier même, tout cela est déjà obsolète. Rappelez-vous, ce n’est pas si vieux : 2007, l’année de l’élection présidentielle précédente, le réseau social ultime, ce n’était ni Facebook, ni Twitter, mais … Second Life. Quand je parle à mes étudiants de Second Life, ils me regardent avec des yeux ronds comme si j’évoquais la Guerre du Péloponnèse.

Je ne sais pas ce que sera le marketing demain, mais je sais ce que sera l’Adetem demain, quel sera son rôle : vous permettre de faire votre métier efficacement … ce qui constitue déjà une sacré ambition.

Pour cela, il convient de régulièrement vérifier ce que doit être le cap : c’est pourquoi le Conseil Scientifique a mobilisé une centaine de nos membres pendant deux ans pour rédiger le Manifeste pour le Marketing de Demain, qui s’est ensuite enrichi pour devenir un livre collectif : Le marketing est mort, vive le marketing. Mais ça, c’est le passé, c’était hier, d’autres travaux sont en cours, notamment sur le thème du marketing dans un monde en réseau.

Autre grande mission de l’Adetem, permettre à la communauté marketing d’échanger pour demeurer chaque jour au top de ses compétences : c’est le rôle des clubs qui jouent un peu le rôle de la vigie et vous permettent de découvrir sans cesse de nouvelles expériences, de nouvelles pratiques, bien avant les autres : un exemple parmi tant d’autres, aujourd’hui que tout le monde parle de consommation collaborative, même les journalistes, l’Adetem est le 1er lieu dans le petit monde du marketing où l’on en a parlé

Le marketing de demain ne sera pas, s’il n’est pas éthique : avec les médias sociaux, le big date, les nouvelles technologies, jamais la question de la responsabilité des marketers n’aura été si cruciale et l’Adetem militera toujours activement en ce sens.

Dernier point que je développerai ici – mais la liste de nos mission est certainement plus longue : valoriser les succès, pour donner envie aux marketers de sans cesse se dépasser. Telle est la raison qui nous a conduit à créer ces prix, des prix différents, puisque ce sont ceux de la communauté marketing, décernés par des marketers – c’est-à-dire vous tous – pour des marketers.

Nous pouvons – vous pouvez tous être fier du métier que vous exercez, et c’est aussi ce que représentent ces 2ème Prix de l’Excellence Marketing by Adetem.

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01/06/2014

Le Cercle des Brand Managers

Cercle des Brand Managers.jpgGeorges Lewi (mythologicorp.com) et moi-même avons décidé de relancer le Cercle des Brand Managers, sur un concept très différent des clubs de rencontre actuels : pas ou peu d’intervenants extérieurs, mais des échanges toniques autour des problématiques des membres du cercle. C’est pourquoi celui-ci n’accueillera pas d’entreprises directement concurrentes.

L’idée de ce relancement s’est assez naturellement imposé à nous : en quelques années, la marque a plus subi de mutations radicales qu’au cours du siècle dernier, du fait bien évidemment de l’avènement d’Internet et surtout du Web social – mais pas seulement : on pourrait tout autant évoquer l’accélération de la mondialisation, l’explosion de la vente en ligne, avec pour conséquences la disparition de d’entreprises et de marques que l’on aurait pensées éternelles et la nouvelle domination de marques nées avec le millénaire.

Bien sûr, la littérature universitaire ne permet plus aux professionnels d’agir et réagir efficacement face à ces phénomènes : trop de cas différents, trop de phénomènes émergents, et tout cela trop vite, bien trop vite ! Seule solution pour ne pas avancer dans le brouillard total : échanger avec ses pairs, analyser des cas actuels, perpétuellement reconstruire des modèles. Ce que Georges et moi-même avons envie d’aider quelques marques (une par secteur d’activité et pas plus d’une vingtaine au total) à réaliser : le cercle ne sera pas une suite de conférence mais un ensemble de réunions de travail.

Le top départ sera donné le 5 septembre, suivront une dizaine de réunions mensuelles avec pour aboutissement, fin juin, la création par les membres du cercle, d’une nouvelle e-brand : c’est le projet de base ; mais le véritable projet se construira au long de l’année, en fonction des demandes et des apports des différents membres du cercle : plus que jamais, l’heure est à la collaboration, à l’intelligence collective, à l’innovation.

Si l’envie vous prenait d’en savoir plus sur le Cercle des Brand Managers, ou si vous souhaitiez y participer, n’hésitez pas à poster un commentaire ou à m’envoyer un mail à francois.laurent9@gmail.com.

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