19.11.2009

Morts de la Rue

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Mercredi, place du Palais Royal, des bouquets de fleurs posés sur de petits rectangles de papiers : cérémonie en hommage aux Morts de la Rue, organisée par le collectif du même nom, qui se fixe pour objectif de "faire savoir que beaucoup de personnes qui vivent ou ont vécu à la rue en meurent".

L'espérance de vie d'un Français est de 80 ans : ceux qui vivent dans la rue se voient privés de plus de 30 années d'existence puisqu'ils meurent en moyenne à 48 ans !

Plutôt qu'un long discours, je vous laisse parcourir ce poème signé Katia.

Impressionnant !

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Leur site : Mortsdelarue.org.

06.07.2009

Pseudo séniors

chat vieux.gifPorter la retraite à 67, 70 ou 75 ans améliorera certainement les comptes des caisses de retraite ... mais pas vraiment le sort des moins de 67, 70 ou 75 ans !

Je me souviens lors d'un de mes premiers voyages professionnels à New York, pour le congrès de l'Advertising Research Foundation, qui se déroulait à l'hôtel Hilton, en plein centre de Manhattan.

Un Hilton qui ressemblait à s'y méprendre à n'importe quel autre Hilton de par le vaste monde : même concierge empressé, mêmes hôtesses souriantes à la réception - là, j'exagère un peu, on peut mieux faire - mêmes chambres standardisées, mêmes ...

Même tout !

La note américaine m'attendait aux ... toilettes ! Pas comme au Japon, avec ces cabines spatiales dignes des rencontres du troisième type !

Non, juste quelques petits vieux bien courbés qui vous tendaient un carré de papier essuie main à la sortie des cabines en lorgnant sur la petite coupelle : c'est ça aussi, l'emploi aux États Unis, c'est ça aussi, les retraités aux États Unis !

Je suis prêt à bosser jusqu'à 67 ans ... d'ailleurs, je n'envisage pas nécessairement de m'arrêter avant : je pensais seulement pouvoir me consacrer, tous soucis financiers écartés, à des activités sociales non nécessairement lucratives.

Bon l'ex Monsieur Immigration, Intégration et Identité Nationale veut me faire travailler jusqu'à 67 ans ... pour gagner ma vie, pas pour le plaisir ou pour aider les autres ! Pas de soucis.

Je prendrai seulement le job d'un plus jeune ... ce qui creusera certainement le déficit de l'assurance chômage, mais allez donc lui expliquer le principe des vases communicants. Mais bon, faut bien gagner sa baguette - au train où vont les prix, je ne parle plus de son bifteck.

Sauf qu'il faut bien le gagner ... et donc pour cela, avoir du travail - CQFD.

Le problème, c'est que dans les entreprises, les plus de 50 ans ne sont plus persona grata : quand on peut, on les vire vite fait, bien fait - on appelle ça, la préretraite.

Ou plutôt, on appelait ... parce qu'aujourd'hui, on préfère virer juste avant, ça coûte moins cher ...

Donc ...

Donc, on va se retrouver avec des masses de plus de 50 ans - des vieux quoi, puisque les études marketing précisent bien qu'au delà de 50 ans, ma ménagère, elle se fait vieille ! Des masses de plus de 50 ans sans emploi et obligés de pointer et de rechercher un emploi jusqu'au bout du bout : c'est bien le gouvernement auquel appartient l'ex Monsieur Immigration, etc. qui a rétabli l'obligation de recherche active pour les plus de 57 ans.

Bref, toute une classe d'âge qui végète, de petits trucs en petits trucs, et un petit coup de pouce de l'Assédic : comme ça, ils tiennent quelques années ... Bonne nouvelle : il va leur falloir jouer des coudes 10 ans de plus.

On va améliorer les comptes des caisses de retraite ... pas celle des futurs retraités ; mais comme pendant ces dernières années de pseudo activité, ils ne cotiseront pas vraiment, ils toucheront le jour venu des retraites ... diminuées : des pseudo retraites quoi.

Bref, on veut nous transformer en pseudo travailleurs, puis en pseudo retraités.

Mais comme les vieux sont plutôt conservateurs, ils ne vont quand même pas faire la révolution !

Avant de prendre des mesures comptables, peut-être serait-il bon de se demander pourquoi les entreprises n'aiment pas les salariés âgés et comment remédier à la question : mais ça, ça prend du temps, un ministre, ça ne dure pas si longtemps.

22.06.2009

Voilà l'éléphant qui rapplique !

Je vous avais annoncé il y a quelques jours me rendre au Web2day, "l’évènement Web du printemps à Nantes".

J'y ai découvert une ville particulièrement dynamique, des organisateurs passionnés et une qualité d'écoute parfois bien rare à Paris ... mais à Paris, on aime bien jouer les blasés.

De Nantes, on ne retient généralement que le château et la cathédrale, parfois l'usine LU en bord de Loire, dont il ne reste plus qu'un des deux tours jumelles - voire la vignette.

Mais il faut absolument aller se promener sur l'Ile de Nantes, là où se trouvaient les chantiers de construction navale de la ville ... bref des friches industrielles en potentialité devenues aujourd'hui la pointe de la culture régionale - c'est dans le même quartier que se tenait d'ailleurs le Web2day.

On y croise cet étrange éléphant, promenant sur son dos quelques touristes en mal d'aventure ...

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On y rencontre également dans un hangar d'étranges et inquiétantes bestioles marines, comme ce poisson à l'allure carnassière ...

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... ou ce crabe, tout aussi surprenant !

 

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On les croiraient tout droit issus d'une bande dessinée de Philippe Druillet ; ils sont le projet un peu fou né de l’imagination de François Delarozière et Pierre Orefice, et totalement supporté par Nantes Métropole.

Pour en savoir plus, le site des Machines de l'Ile.

Merci à Dominique pour les photos.

16.06.2009

Le pire est devant nous

Schizo.jpgLa crise ?

"Le pire est devant nous" : voilà ce que pensent aujourd'hui les Français, à une écrasante majorité.

Pourquoi un tel pessimisme ?

Parce qu'il s'agit "crise différente des autres, qui va engendrer des changements de comportements et d'habitudes profonds", pour deux Français sur trois !

Pas très encourageants, ces premiers résultats de l'étude : Les Français et la crise réalisée par le Comité Scientifique de Panel on the Web !

Allez, encore un chiffre : pour 39% d'entre nous, les prix on "beaucoup" augmenté et pour 50 autres, ils l'ont "exagérément" ! Bref, pour 9 Français sur 10, la vie est devenue trop chère !

On est loin d'une simple crise des subprimes : certes à 95%, nous jugeons les banquiers responsables ... mais ni l'état (coupable pour 79% d'entre nous), ni les distributeurs (pour 71%) ne sont épargnés!

Tous coupables ?

Pourquoi ?

Tout simplement - et l'étude le met particulièrement en valeur, en croisant ses résultats à de multiples sources - parce que LA crise n'est que la résultante d'une multitude de crises, chacun ayant gentiment tiré sur la corde ... jusqu'au jour où elle craque !

Les consommateurs se plaignent : "Aujourd'hui, avec un Euro, on n'en a pas plus qu'avec un Franc" ... et c'est presque vrai : comme le souligne ce graphique, 1 Euro 2008 équivaut à 1 Franc 1970 (chiffres Insee). Je comprends que certains politiques souhaitent tourner la page de 68 : on en sort à peine !

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Et surtout depuis 68, c'est toute une suite de petits coups de griffes au contrat social - comme dirait Rousseau - que vont devoir accepter consommateurs et citoyens : la forte inflation des années 70, qui érode le pouvoir d'achat ; la stagnation des revenus salariaux à partir des années 80 ; la longue flambée de l'immobilier, et la plus récente de l'alimentation, avec deux pics en 2002 et 2008 ...

Avec pour seule conséquence, l'impression de se retrouver chaque fois un peu moins riche, puis un peu plus pauvre qu'avant !

Les banquiers sont aujourd'hui vilipendés, parce que les derniers à avoir fauté !

Mais les Français ne sont pas stupides : ils ne se suffisent plus de vagues promesses et surtout de boucs émissaires !

Marketers, attention : ce qui suit, vous concernent plus directement !

Si la grande distribution est jugée principal responsable de la hausse des prix, pour 3 consommateurs sur 4, les grandes marques ont contribué à l'amplifier : tous coupables ... et là, on sort du cadre étroit de la simple - bien que violente - crise conjoncturelle.

Bref, ce n'est 29, c'est plus grave.

53% des Français jugent "important de comparer les prix entre les marques car certaines différences de prix ne sont pas justifiées".

Et 38% que "beaucoup d’innovations des grandes marques sont uniquement là pour nous faire acheter plus ou plus souvent".

Marketing is dead ? Disons que bien des acteurs se sont révélés des fossoyeurs !

Inutile de se couvrir la tête de cendres : le passé est révolu, mais il serait temps de réagir - adopter une attitude plus responsable, arrêter de développer de fausses innovations miracles - mais plus chères.

Arrêter de raconter n'importe quoi dans de magnifiques campagnes de publicité ... que vient contredire l'expérience en magasin.

Un signe : depuis le 13 Février, Michel Édouard Leclerc n'a pas osé publié un seul papier sur son blog, devenu le défouloir de consommateurs en pleine révolte. Juste un commentaire parmi tant d'autres :

"En ce moment, vos rayons de fruits et légumes ne vont pas de mains mortes, le prix kilo banane 1.65 et chez inter 0.99, on parle pas des fraises ... donc leclerc n'est pas le moins cher et en faite le panier de la ménagère diminue face au profit de la grande distribution que vous representée par votre entreprise!"

Que conclure, sinon que la "crise" actuelle apparaît aussi - avant tout ? - comme une crise de confiance ... et que les marketers devraient y réfléchir à deux fois avant de lancer des promesses qu'ils ne tiendront jamais !

Enfin, si vous souhaitez assister à une présentation détaillée des résultats de l'étude réalisée par Panel on the Web, deux petits déjeuners sont organisés

  • Le 30 Juin à 8 heures 30, au Salon Etoile Wagram, 16 avenue de Wagram, 75008 Paris.
  • Le 8 juillet à 8 heures 30, à l'Aéro Club de France, 6 rue Galilée, 75116 Paris.

Pour vous inscrire, un petit mail ici.

31.05.2009

Que restera-t-il du luxe après la crise actuelle ? #3

avenir luxe.jpgSuite de l'article du 24 Mai.

Pour solde de tout compte

Le luxe - des marques de luxe - ne correspond donc pas aux attentes de la grande majorité des Français ... qui ne sont pas leurs clients : est-ce si grave ?

On serait tenté de répondre "non" : peu importe que les Français qui n'ont pas (ou plus) les moyens de se payer des produits de luxe - du fait de la (des) crise(s), notamment - présentent d'autres aspirations en matière de luxe.

Sauf que l'on ne construit pas toute une industrie sur une niche.

L'industrie du luxe n'existe aujourd'hui encore que parce qu'elle a su élargir sa base de clientèle.

Car à l'origine, le luxe constituait plutôt un artisanat - ultra sophistiqué, proposant des produits de bien meilleure qualité que la grande majorité des fabricants œuvrant sur les mêmes créneaux.

Ce qui justifiait naturellement de larges écarts de prix, comme celui d'une malle d'une extrême résistance, d'une montre d'une extrême précision ... jusqu'à l'apparition des mécanismes à quartz !

Jusqu'à ce que les entreprises - tous secteurs, tous niveaux de prix confondus - cessent de vendre des produits pour commercialiser des signes de reconnaissance sociale : c'est le début du post-modernisme, qu'analysera Jean Baudrillard dans La Société de consommation.

La fonction publicitaire glissera alors de la qualification des produits (montres précises, voitures sportives, séjours hôteliers confortables, etc.) à celle de leurs possesseurs : peu importent l'objet ou le service, seul compte celui que les achète.

C'est en ce sens que "si à cinquante ans on n'a pas de Rolex, on a quand même a raté sa vie".

L'ultra sophistication originelle ne disparaîtra pas pour autant pour les Hermès, Vuitton, Rolex ; mais de plus en plus, la distinction conférée par leur possession l'emportera sur l'utilisation - du moins comme motivation d'achat.

Dans ce dernier quart du vingtième siècle qui sera celui du paraître, le luxe trouvera naturellement les ferments de son élargissement : les objets ayant désormais pour fonction d'affirmer qui nous sommes, quoi de plus naturel que de vouloir se procurer ceux qui donneront de nous la meilleure image qui soit.

Et comme ce n'est plus la (seule) qualité qui compte, le marketing du luxe va devenir le modèle marketing par excellence.

C'était au siècle dernier ...

Aujourd'hui, sans doute parce que les Français ont goutté au plaisir d'être à nouveau eux-mêmes, notamment en s'exprimant librement sur la toile ; sans doute également parce leurs poches se révèlent de plus en plus vides ; le grand retour des valeurs liées à l'être sonne le glas du paraître.

Le grand luxe d'un cadre surmené, ce n'est plus d'agiter ostentatoirement une montre "Bling Bling" aux yeux de ses collègues, mais de rêvasser avec sa famille en regardant les étoiles, un soir de printemps.

De prendre un verre à la terrasse d'un café - de ne rien faire.

Le luxe va pouvoir renouer avec ses racines, redevenir un artisanat de la perfection.

L'industrie du luxe est morte : vive le luxe !

Le vrai.

24.05.2009

Que restera-t-il du luxe après la crise actuelle ? #2

avenir luxe.jpgSuite de l'article du 17 Mai.

Luxe(s)

Peut-être pour le luxe devrait-on poser la même question que pour la crise : le luxe, quel luxe ?

Il y a le luxe des sacs Vuitton et des montres Rolex - le luxe de publicitaires comme Jacques Séguéla qui affirmait : "Si à cinquante ans on n'a pas de Rolex, on a quand même a raté sa vie".

Et puis, il y a le "vrai" luxe, celui des Français qui n'ont pas les moyens - ou simplement l'envie - de débourser au minimum 4000 euros pour une tocante.

Pour comprendre ce que recouvre pour ces derniers le concept de luxe, je me suis promené au sein de la blogosphère, sur des blogs de simples consommatrices, de voyageurs, etc. - des blogs souvent inclassables, peignant la vie au quotidien.

L'on y apprend que le "vrai" luxe n'est ni ostentatoire, ni même cher ... en fait, il n'a pas de prix : le "vrai" luxe n'est pas marchand !

C'est la santé, comme le souligne Désire, qui soufre de la maladie de Crohn : "En fait, je constate que le vrai luxe dans une vie, c'est la santé ». Ce qui n'est pas sans évoquer une récente campagne de publicité des hypermarchés Leclerc, clamant : "Avec l'augmentation des prix des médicaments, soigner un rhume sera bientôt un luxe".

Le "vrai" luxe n'est que relatif - et sans doute est-ce pour cela que le terme apparaît si fréquemment dans les blogs de voyage : pour En route pour le pays d'Oz, le luxe suprême en Tasmanie, ce seront ... des "douches chaudes en bord de plage" ; et pour Mylène & Simon, "la chance de dormir dans des refuges chauffés au bois a toutes les nuits" chez les Inuits.

Et plus de chez nous, le "vrai" luxe se nichera dans des détails de la vie de tous les jours.

Pour Maman Mercredie, ce sera ... prendre une douche : "Je me suis offert tout un luxe aujourd'hui ... J'ai profité du fait que Bébélou faisait sa sieste pour aller prendre une douche ... seule".

Et pour Toujours dimanche, ce sera même ... de ne rien faire : "s'offrir le luxe, le temps que dure un café, de rien faire, de rien décider".

Si l'on tentait de déceler un plus petit dénominateur commun entre tous ces conceptions du luxe - celui de Séguéla, Désire ou Toujours dimanche - sans doute faudrait-il le chercher dans sa rareté, son inaccessibilité.

Inaccessibilité absolue de la santé pour un malade comme Désire, et des montres Rolex pour la grande majorité des Français, en raison de la barrière artificielle - mais bien réelle, néanmoins - des prix.

Inaccessibilité relative d'un instant de calme - d'un petit bonheur, d'un plaisir simple : le luxe devient accessible à tous ... sauf peut-être aux plus riches, à ceux qui courent sans cesse et n'ont pas les moyens de faire une pause à regarder un coucher de soleil !

La vision la plus couramment partagée du luxe semble bien celle d'un instant privilégié - extrêmement personnel - et surtout non marchand : le luxe du Comité Colbert - qui regroupe les principaux acteurs du secteur - apparaît plus comme une exception - très lucrative, certes, mais une exception cependant.

A suivre la semaine prochaine ...

17.05.2009

Que restera-t-il du luxe après la crise actuelle ? #1

avenir luxe.jpgDepuis quelques mois, mes copains des Mardis du Luxembourg - un think tank tout aussi informel que sympa, qui depuis bien longtemps ne se réunit plus près des jardins du Luxembourg, et parfois même, plus le mardi ! - depuis quelques mois donc, nous discutons du luxe ... sujet très tendance - pour les marketers, j'entends - autours duquel ne se formule - heureusement - aucun consensus !

J'avais, il y a quelque temps - une bonne année en fait - apporté ma contribution au débat en réalisant Le luxe n'est plus ce qu'il était !, une analyse du concept de luxe au sein de la blogosphère, publiée sur Intelligence Collective.

J'ai également apporté ma pierre au rapport Smartfutur sur les Tendances 2009 de l'univers du luxe à la demande de mon ami Réné Duringer.

Bref, une overdose de luxe !

Certainement est-ce pourquoi avons-nous décidé de tourner la page du luxe, non sans - avant de nous lancer dans une nouvelle aventure - répondre à une dernière question : Que restera-t-il du luxe après la crise actuelle ?

Tout cela en deux pages - français et anglais, en vue d'une publication sur la première plateforme collaborative européenne dédiée au marketing, lancée par l'European Marketing Confederation, je vous en reparlerai - et une série d'émissions sur une Web TV - je vous en reparlerai aussi.

Donc, que restera-t-il du luxe après la crise actuelle ?

Pas grand chose, aurais-je tendance à dire ... vous reconnaissez mon goût pour l'inutile et le superfétatoire ! Cela étant, en affirmant "pas grand chose", je ne formule pas un souhait : j'affirme une conviction, ce qui est quelque peu différent.

Reste à le démontrer.

Démonstration en deux temps : la crise, le luxe. Et puis le solde.

Crise (s)

En ce qui concerne la crise, la question est simple : quelle crise ?

Il ne s'agit pas d'une pirouette, mais d'une réelle question ...

La crise économique liée à la mauvaise gestion du crédit par les banques : subprimes, pertes abyssales, etc.

Avec évidemment les dégâts collatéraux qui s'en suivent : récession et fermetures d'usines, licenciements à gogo - et le plus souvent abusifs, par précaution et surtout pour ne pas laisser perdre une si belle occasion ...

Résultat : jamais la Banque de France n'a enregistré autant de dossiers de surendettement que cette année, jamais les sociétés de crédit n'ont constaté de défaillances dans les remboursements ... jamais les Français ne sont sentis si pauvres !

La crise liée au passage à l'euro, ensuite.

Ah ! Il a bon dos, l'euro : le pouvoir d'achat n'a pas vraiment souffert du passage à l'euro, et c'est vrai ... mais !

Car il y a un "mais", et de taille !

Le prix des biens durables (téléviseurs, ordinateurs, etc.) a considérablement chuté ... et celui des produits alimentaires tout aussi considérablement augmenté : plus de 6% pour la seule année 2001 ! Et si l'on ajoute également plus de 6% pour 2008, on réalise que le passage à l'euro a surtout profité à ceux capables de s'acheter de superbes écrans plasmas ... pas à tout le monde.

La crise qui secoue notre pays - et la majorité des pays occidentaux - depuis 1980, enfin.

Certes, le niveau de vie des Français ne s'est jamais si bien porté, tout comme leur pouvoir d'achat ! Sauf que pouvoir d'achat ou niveau de vie moyens ne signifient rien : les revenus salariaux se dégradent d'année en année, largement compensés pour certains, par les revenus tirés du capital.

Encore faut-il avoir les moyens d'investir ...

En 30 ans, en 8 ans, en 1 an - selon les crises que l'on adresse -, toujours le même constat : les écarts entre les Français les plus pauvres et les plus riches se creusent, inéluctablement.

Est-ce le problème des industriels du luxe ? Eux qui ne vendent qu'aux riches ?

C'est ce dont il nous faut maintenant parler ; mais auparavant, un petit aparté (sociétal) sur le concept même de luxe.

A suivre ...

04.05.2009

Bonne nouvelle ?

Fidelite.jpg89 % des français se déclarent fidèles à leur conjoint(e), ou compagne/compagnon, les femmes plus que les hommes.

Et 22% d'entre eux le sont même "plus qu’avant": "la fidélité amoureuse : une valeur qui monte", s'exclame mon copain Thierry Spencer, rédacteur du blog Le sens du client et auteur avec Christian Barbaray d'une étude sur les Français et la Fidélité - malgré tout plus tournée "marques" que "problèmes conjugaux" - et publiée à l'occasion de la Saint Fidèle ... mais si, ça existe, bande de mécréants !

Même forte fidélité à l'égard de ses amis à 76%, en progression de 15% ! Logique en période de crise, ce sont des valeurs sûres.

Ça, c'est pour le côté rassurant de l'enquête ... mais pour le côté marketing ?

Moins gai ... et bizarrement, ce sont les banquiers (56% de fidèles) qui tirent leur épingle du jeu, devant les fournisseurs d'accès Internet (54%) et les opérateurs de téléphonie mobile (49%) : multipliez les pertes, Messieurs de la finance, vos clients ne vous en veulent pas.

Mal lôtis : les supermarchés (27% de fidèles) et les boulangers (28%) : mieux vaut donc ruiner ses clients que leur vendre du mauvais pain ! Les Français, grands mangeurs devant l'Eternel ?

Que nenni : la hiérarchie des commerçants auxquels les Français sont plus ou moins fidèle reflète simplement ... la difficulté de changer de commerçant !

Le pain est trop mou : ça vous coûtera peut-être 100 mètres de plus pour retrouver une baguette bien croustillante !

Votre banquier est ... (je vous laisse remplir les petits points, ça ne demande pas trop d'imagination) : en changer, d'accord, mais il y a les crédits à déplacer, les bénéficiaires de prélévements automatiques à prévenir, etc. Sans garantie que le nouveau soit meilleur, d'ailleurs.

Votre fournisseurs d'accès Internet est autiste : non seulement, ils le sont tous plus ou moins (et plutôt plus que moins), mais dans bien des cas, il va falloir prévenr tous ses copains que l'on a changé d'adresse mail, etc.

Bref, mieux vaut subir que (tenter de) guérir.

Dans bien des cas, il faut vraiment charger la barque pour qu'elle coule (= que le client s'en aille). Ce qui explique peut-être que les fournisseurs d'accès Internet préfèrent vous bombarder de mails inutiles que d'écouter vos récriminations : plaignez-vous, plaignez-vous, vous ne nous quitterez pas plus pour autant - au pire, cela vous donnera des aigreurs d'estomac !

Un petit dernier pour la route : la fidélité aux marques, elle monte à combien ? Pas très haut : un petit 15%.

Pas très chaud, à cette altitude !

Résultats complets sur Rue de la fidélité : une rue certainement plutôt désertée par les marques ...

16.04.2009

D'une Ségolène à l'autre

Ruffin.jpgJ'ai récemment lu deux livres évoquant l'ancienne candidate à l'élection présidentielle, et force est de reconnaître que le portrait diffère prodondément d'un ouvrage à l'autre.

Ségolène®, la "femme marque", tout d'abord, de François Belley, un "fils de pub" comme il se définit en dernière de couverture ... sans doute pour cela que la préface est signée d'un des plus grands copains de Sarko, Jacques Séguéla, l'homme à la Rollex !

"Avec Ségolène Royal, jamais la politique ne se sera autant rapprochée de l'univers des marques", précise l'éditeur : et c'est à la démonstration à laquelle se livre en 180 pages l'auteur ... et j'ai comme l'impression qu'il aurait pu se livrer au même exercice avec les divers copains de Seguela, Sarko ou l'autre, le petit qu'il a fait découvrir en 1981, Mitterrand !

Le marketing politique existait même avant tonton Jacques ... et peut-être devrait-il tenir compte des évolutions sociétales, comme l'autre marketing, celui des produits de "grande conso" !

Par exemple, les consommateurs se montrent de moins en moins sensibles au "bling bling" ou aux marques glamour mais sans réel contenu ; à ces marques que rien ne distinguent des autres, sinon la pub, la pub, la pub.

Or c'est quoi, le contenu de la marque Royal ... et là, c'est François Ruffin qui nous le révèle dans La guerre des classes : un contenu nécessairement libéral depuis que le Parti Socialiste s'est converti à l'économie de marché.

Royal n'est pas une marque sans contenu ... mais une marque au contenu hyper banalisé : pas une feuille de papier à cigarettes entre les deux finalistes de la dernière présidentielle.

Un contenu banalisé pour lequel elle est légitimement moins crédible que le candidat de droite : le libéralisme, il est un peu tombé dedans en entrant en politique, Sarkozy !

Bref, Ségo a renoncé à un positionnement légitime - celui historique de son parti - et différenciant pour un nouveau, pour lequel elle n'a aucune légitimité ... enfin, un peu moins que son concurrent !

Tout cela en pensant que l'ancien était totalement et définitivement has been ; mais elle n'est pas la seule à jeter les vieux oripeaux de gauche aux orties dans l'espoir de gouverner : "c'est toute une chorale qui récite ce refrain", souligne Ruffin.

Le plus drôle, c'est qu'à peine un an après son échec de 2007, le libéralisme bat de l'aile ... bref l'ancien discours n'est soudain plus si hasbeen ... sauf qu'il n'y a plus grand monde - et surtout pas Ségo - pour le tenir. Ironie de l'histoire.

Je ne terminerai pas ce papier sans recopier cette superbe citation tirée du livre de Ruffin : "La guerre des classes existe, c'est un fait, mais c'est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter".

Signé Warren Buffett !

A méditer ...

08.04.2009

Les entreprises manquent d'éthique

Ethicity.jpg

La Semaine du Développement Durable constitue l'occasion de multiples études sur ... le développement durable - of course - et l'environnement en général, mais également l'éthique et la responsabilité sociale des entreprises - la RSE.

Ainsi Elizabeth Reiss d'Ethicity présentait-elle mercredi matin son étude annuelle Les Français et la consommation durable, avant de me rejoindre sur la Salon MD Expo pour notre conférence commune : Réputation en ligne, éthique des marques : comment les apréhender ? comment les gérer ?

Si je n'ai pas eu la toute primeur des résultats, le dossier que me remit en arrivant Reiss était encore tout chaud !

Et cette année, la crise économique s'est bien évidemment invitée puisque pour 90 % des Français, elle représente une occasion de revoir nos modes de vie et de consommation ... et 69% d'entre eux déclarent avoir changé de comportement en matière de développement durable au cours de ces 12 derniers mois !

Cela étant, on ne se méfiera jamais assez du déclaratif ... mais la prise de conscience est au moins évidente.

Toujours est-il qu'un Français sur quatre choisit régulièrement des produits respectueux de l'environnement et trois sur dix font bien attention à ne pas acheter de marques d'entreprises dont ils réprouvent le comportement ... attention !

Attention surtout : la côte des entreprises en la matière continue de chuter ! Ainsi à peine 37 % des Fançais font aujourd'hui globalement confiance aux grandes entreprises, contre 48% en 2006 et 61% en 2004 : manifestement les consommateurs ne se satisfont plus de beaux discours ... et les politiques ne sont pas mieux lotis : à peine 27% de la population considèrent que les politiques et les collectivités prennent suffisamment en compte les enjeux environnementaux.

De toutes façons, les entreprises ne jouent pas le jeu : proposer des produits responsables, c'est une autre manière d'augmenter les prix - 76% des Fançais considèrent les produits de la consommation responsable plus chers que les produits classiques : et pareillement, ils sont 68% à considérer que les produits et services de la consommation responsable ne sont globalement pas attractifs (prix, qualité, impression
d’agir, etc.) ...

Conclusion : les entreprises, dans leur grande majorité, sont en train de rater le grand rendez-vous citoyen du développement durable - et les marketers, celui du marketing responsable.

Mais la crise aidant - je vous l'avait bien dit, la crise est la grande invitée de l'étude -, la nouvelle stratégie de consommation responsable des Français sera désormais de ... réduire sa consommation, pour 79% d'entre eux, contre 56% il y a à peine 3 ans !

Consommer moins ... voilà qui devrait un peu secouer marketers et entrepreneurs.

L'étude d'Ethicity ne saurait se résumer à ces quelques lignes : la synthèse de l'étude se consulte ici.

Et très prochainement, Elizabeth Reiss réagira à mes questions dans ces colonnes.

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