29/09/2014

Pompe à fric ?

pompe_a_essence.jpgJ’ai reçu il y a quelque temps ce mail un peu pompeux …

« Nous avons le plaisir de vous informer que votre structure a été remarquée pour la qualité de sa communication et habilitée à concourir lors de la 13e édition des Trophées de la Communication®.

« Les Trophées de la Communication® est un concours de référence en matière de communication. Depuis 13 ans, ce concours récompense chaque année petites et grandes entreprises, petits et grands organismes publics, les agences conseil en communication ».

Sympa … mais je me demande quand même de quelle « structure » il est question !

Réponse : « Il s'agit de consummerinsight.eu ».

Une structure … qui n’existe pas !

En effet, quand il y a quelques années, je me suis lancé dans le consulting en temps qu’indépendant, j’ai opté pour le portage salarial plutôt que de créer une société ; j’ai juste acheté une URL et développé … une page perso sur pagesperso-orange.fr, page plutôt mal ficelée, mais à ma décharge, je n’ai jamais maîtrisé l’html. Depuis, j’ai plusieurs fois songé à refaire un truc plus sympa en Wordpress, mais je n’ai jamais eu le courage … ni n’en ai vu la nécessité, mon blog me semblant bien suffisant !

Donc vous prenez une page perso qui date et dont le contenu n’a pas été mis à jour depuis des lustres et on vous remarque pour la qualité de votre communication : mais qui est capable d’écrire de telles stupidités ?

Je me rends sur le site des trophées et découvre que j’ai été sélectionné par un comité « composé d'une centaine d'acteurs des métiers de la communication » : de sacrés pros !

Plus sérieusement quand on creuse, on s’aperçoit que « le fait pour une structure de s’inscrire aux Trophées de la Communication, lui confère le statut d’adhérent de l’association Wexcom pour l’année civile en cours et seulement pour l’année civile en cours. En sa qualité d’adhérent, il devra acquitter une cotisation annuelle pour sa structure ou pour chacune des structures qu’il inscrit ». Et que « cette cotisation annuelle de base est de 149 euros ».

Et que « si un adhérent ne paye pas sa cotisation annuelle après deux rappels dont un par lettre recommandée avec AR ou nous informe par écrit ne pas souhaiter honorer ses engagements, l’association, dont le recouvrement n’est pas sa vocation, transmettra le dossier à un cabinet de recouvrement ou à un huissier de justice. Les frais de transmission à ce cabinet de recouvrement ou à cet huissier s’établissent forfaitairement à 250 euros ».

Pompe à fric ? Un petit tour sur les forums pour voir l’avis de quelques pros : http://forum.webrankinfo.com/mes-sites-selectionnee-pour-....

A lire aussi ce bel article de Presse Citron : http://www.presse-citron.net/trophee-du-spam/.

Quelle est cette « association WEXCOM dont le siège social est sis 10, rue Levat 34000 MONTPELLIER, [qui] organise un concours national « Les Trophées de la Communication® » ?

Selon le journal-officiel.gouv.fr, son objet est : « organisation d’événements économiques (tels remises de trophées, de prix...) et la publication de documents économiques, touristiques et/ou d’information tant en France qu’à l’étranger ».

Bref, une association qui n’existe que pour … remettre des prix : on est loin de la logique où une association professionnelle militant pour la défense de ses membres, d’un métier, d’une cause !

Par contre, ils sont de la suite dans les idées : je viens de recevoir un mail de relance : « Vous avez jusqu'au 13 octobre 2014 pour nous retourner » votre bulletin d’inscription.

24/09/2014

Nestlé contre Nestlé

Nescafe Arnaud.jpgNescafé a remporté le Prix de l’efficacité marketing 2014 de l’Adetem pour sa campagne « Really Friends ? » où la marque demande à un parfait inconnu nommé Arnaud, de partir à l’improviste à la rencontre de ses amis Facebook pour vérifier s’ils sont vraiment ses amis, et ce muni de 2 tasses Nescafé et d’une caméra pour filmer ses aventures.

Télescopage de récits, je n’ai pu m’empêcher de revoir certaines scènes de la saga – et plus particulièrement celle qui se passe dans je ne sais trop quel pays nordique sous la neige – en lisant le dernier livre d’Haruki Murakami : L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage – et bien sûr les chapitres où il retrouve en Finlande son ancienne amie de jeunesse Eri / Noire.

Fermons ce détour culturel et revenons au marketing …

Le trait de génie de Nescafé, c’est d’avoir choisi pour héros, non pas quelque acteur plus ou moins connu, mais une VRAI consommateur, avec un VRAI profil Facebook : Nescafé joue pleinement le jeu de la communication horizontale, où des amis Facebook incarnent leur vrai rôle … si on peut encore parler de rôle. On pourrait presque parler pour les spots passé à la télévision de Télé Réalité … si la Télé Réalité ne s’était dévoyée au rang de vulgarité totalement artificielle.

Ce qui me semble le plus intéressant, c’est de rapprocher la communication Nescafé de celle d’une autre marque de café : Nespresso et sa saga George Clooney. Ici, on se situe dans la cadre d’une communication verticale traditionnelle, avec tous les codes afférents et surannés : alors que tout le monde pourrait être Arnaud – et que beaucoup aspirerait à être George, personne – sauf quelques mythomanes – ne penserait sincèrement pouvoir être / devenir Clooney !

Les deux sagas se révèlent presque caricaturales des deux types de communication qu’elles incarnent : verticalisme exacerbé de Nespresso, avec sa marque majestueuse, voire divine dans certains épisodes, ses héros inatteignables, le luxe ultime de ces cafés dégustés avec Clooney et Damon sur une terrasse de Manhattan ; horizontalisme absolu de Nescafé où de vrais gens propulsent la marque sur le devant de la scène – au sens propre, puisque les tasses apparaissent au premier plan quand s’ouvre la porte des amis.

16/09/2014

Travaux à la chinoise

Petite ballade au Laos entre Luang Namtha et Luang Prabang : 310 kilomètres de « routes » … et 9 à 10 heures de conduite, notamment parce que le goudron a complètement disparu de la chaussée sur une petite centaine de kilomètres entre Pak Mong et Oudom Xai : mieux vaut louer des véhicules tous terrains, on a réellement besoin de ses 4 roues motrices !

Une dizaine de kilomètres avant Pak Mong, des ouvriers sont en train de refaire la route : enfin, dirais-je ! Ils posent une canalisation d’un fossé à l’autre, certainement pour évacuer les pluies torrentielles qui emportent régulièrement la route.

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Généralement, dans ces cas-là, la circulation s’effectue de manière alternée sur une moitié de la chaussée tandis que les pelleteuses s’affairent de l’autre côté ; puis on consolide le tranchée et la circulation change de côté, ce qui évite bien des désagréments, surtout quand il n’existe aucune déviation possible.

Ici, c’est différent : on coupe la route pendant 4 à 5 heures, et tout un petit monde s’active. Enfin, s’active, c’est un bien grand mot !

Les ouvriers laotiens creusent, et un contremaître chinois supervise, debout sur un tas de cailloux.

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De temps à autre, mais pas trop souvent, le grand chef (chinois) arrive, critique … et repart ; on le reconnaît à ses vêtements impeccables (pas une trace de boue) et à son sac en cuir.

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Le conducteur de la pelleteuse fonctionne à son rythme : c’est un ingénieur, comme le grand chef, donc il n’obéit pas vraiment au contremaitre ; d’ailleurs, quand le big boss arrive, il ne discute pas avec le contremaitre mais seulement avec le conducteur de la pelleteuse. Un peu plus loi, le conducteur du bulldozer ne parle à personne, et contemple tout de son perchoir.

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C’est le charme des organisations matricielles à la chinoise que j’ai eu le plaisir de découvrir en d’autres circonstances : tout gradé d’un rang supérieur peut contredire un subalterne, même s’il n’a pas les compétences en la matière ; in fine, ce sera au Grand Chef Suprême d’arbitrer … un de ces jours.

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Dans le petit univers de ce chantier, cela prendra juste un après-midi, créant une file de véhicules de plusieurs centaines de mètres dans les deux sens ; quand on repart, c’est pour découvrir 200 mètres plus loin … un second chantier, mal coordonné avec le premier … et c’est reparti pour une demi-heure de rab !

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10/08/2014

Tripadvisor, le grand n’importe quoi de l’été

Crillon.jpgSympa et efficace Tripadvisor en cette période estivale : il nous propose 10 palaces hôtels majestueux et accessibles !

Je clique sur le lien et découvre le The Gritti Palace de Venise ; à peine 1032 €, c’est vraiment accessible … mais pas pour moi : mauvais ciblage de mail ?

Heureusement à Paris il y a le Crillon, « LE meilleur endroit de Paris », dixit un internaute … auquel répondra personnellement ( ?) le directeur de l’hôtel : « Un grand merci pour ce commentaire ».

Bref, tout est mieux dans le meilleur … sauf que le Crillon est fermé pour rénovation jusqu’à la mi 2015 : bravo les gars !

Je pourrai toujours me consoler « avec des hôtels similaires » : le George V, à 1052 € la nuit ; soudain je ne rêve plus, sinon à des responsables marketing opérationnel un peu plus efficace que ceux de Tripadvisor … mais ça ne doit pas être compliqué à trouver !

04/07/2014

L’Adetem fête son 60ème anniversaire

Hier avait lieu la 9ème Nuit du Marketing de l’Adetem et la 2ème édition des Prix de l’Excellence Marketing by Adetem : les résultats sont ici. L’Adetem fêtait également son 60ème anniversaire et à cette occasion, je me suis fendu d’un petit discours.

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Quand on fête un anniversaire, un double danger nous menace : l’autoglorification d’une part, la rubrique nécrologique de l’autre ! Notre association est l’Association – avec un A majuscule – qui a le plus contribué au développement du marketing en France … et merci à XXX et YYY qui y ont si brillamment contribué – resquiat in pace. Généralement on place ce genre d’intervention en fin conférence, quand tout le monde attend avec impatience de pouvoir se saisir d’une coupe de Champagne pour être sûr que même les derniers retardataires seront bien là.

Alors plutôt que de vous parler des 60 dernières années de l’Adetem, je préférerais aborder un sujet nettement plus passionnant : les 60 prochaines années de l’Adetem – et ipso facto, les 60 prochaines années du marketing en France – et, soyons modestes, dans la francophonie, vous comprendrez pourquoi dans un instant.

Les 60 prochaines années, je peux en parler sans risque d’être contredit : je serai depuis bien longtemps en retraite quand arrivera l’heure des comptes.

Cela étant, pour se projeter efficacement dans l’avenir, il convient de prendre appui sur le passé, c’est pourquoi je vous propose un petit retour … 60 ans en arrière !

Et pour en parler, je souhaiterais inviter le personnage le plus important de cette saga – je parle bien évidemment du consommateur.

Un consommateur que personnellement j’ai bien connu, puisqu’il s’agissait … de mes parents : enfin, c’est juste une synecdoque, puisque j’évoque toute une génération.

Une génération pour qui la notion de progrès possédait une réelle et forte signification : imaginez le saut technologique, du linge que l’on lave à la rivière à la machine à laver ; du lait qui tourne au bout de 2 jours, à la brique UHT ; de rien du tout (ou peut-être des longues soirées à discuter devant un verre au café) à la télévision ; etc.

Tout cela dans un contexte où le pouvoir d’achat s’améliorait de jour en jour, où la fracture sociale se résorbait : l’âge d’or de la consommation … et du marketing.

Aujourd’hui, notre consommateur doit faire face à de nouveau changements : Internet, la téléphonie mobile ne sont que le début d’une longue liste ; mais des changements dont on ne sait pas nécessairement s’ils sont souhaités ou subis !

Et tout cela à une vitesse qu’il ne maîtrise plus : même la fameuse génération Y dont je vois de nombreux représentants dans la salle est complètement dépassée face aux digital natives – mais qu’ils se rassurent (ou que cela ne les rassure pas) : ces mêmes digital natives seront bientôt dépassés à leur tour.

Dans ce contexte, où plus personne ne comprend grand-chose, comment voulez-vous que les gens de marketing s’en sortent. Une seule certitude s’impose à eux, dans cette furieuse course en avant : tout ce qu’ils ont appris, non pas sur les bancs des universités, mais hier même, tout cela est déjà obsolète. Rappelez-vous, ce n’est pas si vieux : 2007, l’année de l’élection présidentielle précédente, le réseau social ultime, ce n’était ni Facebook, ni Twitter, mais … Second Life. Quand je parle à mes étudiants de Second Life, ils me regardent avec des yeux ronds comme si j’évoquais la Guerre du Péloponnèse.

Je ne sais pas ce que sera le marketing demain, mais je sais ce que sera l’Adetem demain, quel sera son rôle : vous permettre de faire votre métier efficacement … ce qui constitue déjà une sacré ambition.

Pour cela, il convient de régulièrement vérifier ce que doit être le cap : c’est pourquoi le Conseil Scientifique a mobilisé une centaine de nos membres pendant deux ans pour rédiger le Manifeste pour le Marketing de Demain, qui s’est ensuite enrichi pour devenir un livre collectif : Le marketing est mort, vive le marketing. Mais ça, c’est le passé, c’était hier, d’autres travaux sont en cours, notamment sur le thème du marketing dans un monde en réseau.

Autre grande mission de l’Adetem, permettre à la communauté marketing d’échanger pour demeurer chaque jour au top de ses compétences : c’est le rôle des clubs qui jouent un peu le rôle de la vigie et vous permettent de découvrir sans cesse de nouvelles expériences, de nouvelles pratiques, bien avant les autres : un exemple parmi tant d’autres, aujourd’hui que tout le monde parle de consommation collaborative, même les journalistes, l’Adetem est le 1er lieu dans le petit monde du marketing où l’on en a parlé

Le marketing de demain ne sera pas, s’il n’est pas éthique : avec les médias sociaux, le big date, les nouvelles technologies, jamais la question de la responsabilité des marketers n’aura été si cruciale et l’Adetem militera toujours activement en ce sens.

Dernier point que je développerai ici – mais la liste de nos mission est certainement plus longue : valoriser les succès, pour donner envie aux marketers de sans cesse se dépasser. Telle est la raison qui nous a conduit à créer ces prix, des prix différents, puisque ce sont ceux de la communauté marketing, décernés par des marketers – c’est-à-dire vous tous – pour des marketers.

Nous pouvons – vous pouvez tous être fier du métier que vous exercez, et c’est aussi ce que représentent ces 2ème Prix de l’Excellence Marketing by Adetem.

15:58 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | Pin it!