14.10.2009
Zilok
Vous souhaitez passer vos vacances sur la Costa Brava : quoi de plus naturel que de louer la villa d'un autochtone, lui-même en vacances dans le Sud de la France ... ou ailleurs. Ou qui passe les trois mois d'été sous une tente, les loyers estivaux lui payant ses traites annuelles - je l'ai découvert à mes dépens en faisant du camping en Espagne, ils sont particulièrement bruyants avec toutes des télés qui crient dans les caravanes !
Vous avez besoin d'un motoculteur : plutôt que d'emprûnter chaque printemps celui de votre voisin, pourquoi ne pas en louer un chez Kiloutou ... ou chez un autre particulier, déjà équipé, et qui n'en a guère plus besoin que vous, chaque année.
Pour cela, il y a Zilok.com, site de location entre particuliers.
Un site qui innove, puisque se lançant dans la location de voitures ... toujours entre particuliers !
Pas moins de 6 millions de voitures sont louées chaque année en France, pour une durée moyenne de 4,5 jours : soit à cause de la crise, ou pour des motivations écologiques, les Français se détournent, sinon de la voiture, du moins de sa possession.
Quant à ceux qui en possèdent encore une, dans bien des cas, ils la laissent bien souvent dormir au garage - ou dans la rue : il n'y a pas meilleure façon de dilapider un investissement ... qui pourrait aisément rapporter !
Alors Zilok.com, en les mettant en relation, permet aux uns de rentabiliser leur véhicule, et aux autres d'éviter d'en acquérir un.
Entre covoiturage, et auto-partage, la location de voitures entre particuliers constitue une solution originale - et très marketing collaboratif - de préserver la planète.
Une aventure à suivre ... nous retrouverons bientôt ici-même Marion Carrette, un de trois fondateurs de Zilok.com avec Gary Cige, et Thibaud Elzière.
10:10 Publié dans Marketing 2.0 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05.10.2009
AMI Opinion Tracker Version 3
Cela fait maintenant deux ans que j'utilise le logiciel AMI Opinion Tracker pour analyser ce que racontent consommateurs et citoyens sur le Web 2.0, et publient de longues analyses sur le blog Intelligence collective.
Lorsque qu'avec Alain Beauvieux et Eric Fourboul, les patrons d'AMI Software, nous avons commencé à nous intéresser au 2.0, les blogs s'imposaient de plus en plus face aux anciens forums de discussion, un nouveau paysage médiatique - très spontané, nettement plus libre - se dessinait sur la toile, à côté des sites plus classiques.
En deux ans, le Web 2.0 a profondément mué : les réseaux sociaux ont explosé, et avec Facebook, la segmentation professionnel versus ludique a volé en éclats ; puis est arrivé Twitter - et qui aurait pu anticiper le succès de messages de 140 caractères maximum, à l'heure où la vidéo s'impose un peu partout ?
En même temps, les forums regagnent en vigueur, et se spécialisent - parfois de manière surprenante : ainsi France 3 héberge d'intéressants échanges sur le ... bricolage !
Quant aux sites médias, bousculés par la montée en puissance de nouveaux entrants comme Rue89 ou le Post, ils ouvrent de plus en plus largement leurs pages à leurs lecteurs.
En un mot comme en mille, la toile 2009 ne ressemble plus vraiment à l'Internet de 2007.
Difficile donc de travailler avec les mêmes outils qu'en 2007 : c'est pourquoi AMI Software présente le Jeudi 22 Octobre à 18 heures, la nouvelle et troisième version de son logiciel AMI Opinion Tracker, aux Salons du Louvre, 66 rue Jean-Jacques Rousseau - Paris I.
Pour s'inscrire, et découvrir à la fois ce qui a changé sur la toile et comment y accéder, c'est ici.
Notez qu'en introduction, Grégory Pouy - voir dans la blogroll à gauche - nous fera part de sa vision des évolutions récentes de la toile ; et qu'en conclusion, Caroline Brun, de Xerox Europe, évoquera l'épineuse question de la tonalité.
11:11 Publié dans Marketing 2.0 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
12.05.2009
L'heure de passer au Marketing 2.0.
La crise fait exploser le surendettement - Le Figaro.
Les naufragés du crédit affluent avec la récession - Libération
Record du nombre de dossiers de surendettement déposés en mars - L'Express.
Pas très gais, les titres des médias ces jours-ci : "Les 21 747 dossiers déposés en mars 2009, représentent une progression de 30 % par rapport à mars 2008. Sur le premier trimestre, les 58 188 dossiers traduisent une poussée de fièvre de plus de 16 %", précise encore Libération.
Et bien évidemment, ce n'est que le sommet de l'iceberg : car derrière ces cas extrême, il y a la masse des consommateurs lambdas frappés de plein fouet et qui se restreignent : plus de sorties, plus de fantaisies en faisant les courses, plus ...
Plus grand chose, ou ... plus rien.
Mais qui sont-ils donc, ces Français à la limite de l'asphyxie ?
Un peu tout le monde, c'est-à-dire la grande majorité des consommateurs : plus seulement les jeunes arrivant sur un marché du travail extrêmement précarisé, les foyers mono-parentaux traditionnellement étranglés ou les séniors aux retraites mal revalorisées.
Non, mais la traditionnelle ménagère de moins de 50 ans, qui compare systématiquement les prix entre Auchan et Lidl, Franprix et Leclerc, et n'hésite plus à se pencher pour saisir les produits "1° prix" toujours placés au niveau du sol - et surtout pas à hauteur des yeux !
Non, un peu tout le monde, qui délaisse les produits de marque, les restaurants ; remplit parcimonieusement son charriot, son réservoir ; remplace le cinéma du samedi soir par une vidéo à la télévision ; etc.
Bref la cible classique ... des marketers !
Les clients traditionnels des produits de marques, qui n'ont plus vraiment les moyens de se les payer !
Et qui cherchent les bons plans sur la toile, s'échangent des tuyaux, pour acheter autrement ... moins cher, chaque fois que possible : parce qu'ils ne peuvent plus se payer autre chose.
Pas très gai, mais c'est la réalité, et la marketing va devoir faire avec : des consommateurs de moins en moins sensibles aux sirènes de la consommation, de plus en plus experts également, et suspicieux à l'égard du marketing et des marques.
Bref, ne serait-ce pas l'heure de passer au Marketing 2.0 ?
07:00 Publié dans Marketing 2.0 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08.03.2009
Buzz, fin de partie
Très régulièrement, avec la complicité de mes amis d'AMI Software, j'écoute les rumeurs qui circulent sur la toile, et publie tout aussi régulièrement mes analyses sur le blog Intelligence Collective.
Je ne me limite pas aux seules rumeurs initiées par les agences de publicité - le fameux buzz ! -, mais m'intéresse également aux autres, celles qui naissent plus ou moins spontanément, et qui se relaient presque "naturellement" ...
Tout le monde rêve de rééditer le coup le maître du Blair Witch Project, film cultissime et opération de buzz quasi mythique : le film dut en effet une grande part de succès aux rumeurs faisant passer le film comme un authentique documentaire et suggérant une réelle disparition des trois héros.
Deux grandes écoles : les tenants du verticalisme versus ceux de l'implication.
Les premiers sont les dignes fils de la publicité show off des années 1980 à 2000, ou de Jacques Séguéla, quand les créatifs se prenaient pour des stars, sinon des dieux : à l'époque, les téléspectateurs ne pouvaient que se prosterner devant leur génie et courir acheter les produits dont ils vantaient si adroitement les mérites.
Désormais, les blogueurs ne peuvent que s'enthousiasmer pour leurs idées géniales ... et relayer le buzz ... gratuitement ; et l'annonceur économise l'achat d'espace d'hier.
Le buzz de ce type a connu d'incontestables succès.
Budweiser, avec ces jeunes qui crient "Wazupp !" au téléphone : les spots sont fait le tour de la planète, ont été détournés - comme dans ce spot pour le lait montrant des enfants vautrés dans leur canapé, un verre de lait à la main. Et plus récemment, c'est l'quipe d'Obama qui l'a parodié pour dénoncer les échecs de l'administration Bush.
TransAtlantys, ce merveilleux projet de train transatlantique et de la construction d'un tunnel sous l'océan pour relier Paris à New-York ... en fait, juste une opération pour souligner que voyages-sncf.com ne vend pas que des billets de train. D'ailleurs, l'été dernier, ils peinaient plutôt à en vendre, des billets de train !
Mais depuis, force est de constater que les buzz de ce type s'épuisent très vite, comme si les internautes en avaient eu leur dose et que ce genre de chose ne les amusait / insiprait plus vraiment.
Ainsi récemment, Carte Noire a lancé une opération intitulée Révélation Party destinée à faire disparaître son ancien site en invitant une petite troupe de VIB (Very Important Bloggers) à venir le casser avant de découvrir le nouveau en avant première ... j'ai vraiment eu du mal à trouver des blogueurs non sponsorisés ayant relayé l'information !
Par contre, les buzz non (ou moins) orchestrés continuent à plutôt bien fonctionner : mais là, ce n'est pas la créativité d'une agence qui séduit mes internautes, juste ... la qualité, l'intérêt des produits et services. Plutôt bon signe : mieux vaut investir dans la R&D que dans la pub !
C'est par exemple, début 2008, le lancement de l'EeePC en France ; c'est, plus récemment, le relancement de la magique DS 21 par Citroën ... en espérant que la nouvelle version soit à la hauteur des espérances !
Les seconds - les tenants de l'implication - cherchent à transformer les internautes en acteurs - et non plus simples relais - du buzz, le plus souvent en s'appuyant sur des communautés préexistantes.
Avec là également, de vrais succès, comme Converse fêtant son centième anniversaire au Show Case avec Iggy Pop : une vraie soirée culte, et les vidéos circulent toutes seules sur Dailymotion.
Il y a aussi Kub Or qui, avec le l'aide de Fred de Mai, propose à tous les designers de France et de Navarre de réaliser la version collector de la célèbre petite boite en fer : l'opération a connu un tel succès en 2008, qu'un nouveau concours a été organisé début pour l'édition 2009 !
Il y a également eu des échecs retentissants comme Hasbro qui fin 2007 lance un vaste concours sur le thème : élisez la ville qui prendra la place de la Rue de la Paix sur le Monopoly des villes de France ... et se voit submerger de votes pour Montcuq ... ce qui les conduira courageusement à choisir ... Dunkerque.
On n'implique pas les internautes d'un coup de baguette magique: une communauté ne se lève pas selon le bon vouloir d'une agence ... elle existe, et mieux vaut savoir lui parler ! Sinon, c'est l'échec assuré.
Mais le plus navrant, c'est quand une agence propose une opération "classique" en passant à côté d'une communauté et d'une magnifique opération comme récemment Haribo qui, pour les 40 ans de sa célèbre fraise Tagada a dépêché un school bus dans toutes les rédactions parisiennes - avec zéro effet -, négligeant ses afficianados qui publient toutes les semaines des recettes de desserts à base de fraises Tagada sur leurs blogs ... et se seraient certainement déchainés en cas de concours du meilleurs dessert !
Les nouveaux publicitaires semblent tout autant mépriser les consommateurs que les anciens ; la différence, c'est qu'aujourd'hui, ils passent bien souvent à côté de la poule aux œufs d'or.
17:59 Publié dans Marketing 2.0 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.11.2008
Marketing (de l’offre) still alive
Le marketing, c’est l’histoire d’une relation entre deux parties - créateurs, consommateurs – autour d’un produit : une relation d’affinité, pour ne pas dire de complicité.
* Marketing Magazine, Juin – Août 2007
** Jean-Claude Andréani : Marketing du produit nouveau, in Revue Française du Marketing n° 182, 2001.
07:53 Publié dans Marketing 2.0 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21.10.2008
Communautés et Web communautaire - Seconde partie

Suite du post du 14 Octobre.
Une certaine éthique
Evidemment, il apparaît tentant pour une marque de vouloir surfer sur la vague et de vouloir se faire aider par les consommateurs dans sa politique d’innovation … d’autant qu’aujourd’hui, près de 90 à 95% d’entre elles aboutissent à un échec, ce qui est colossal.
Toutefois si se développent aujourd’hui de plus en plus de sites dits "collaboratifs", le succès n’est pas nécessairement au rendez-vous : si les consommateurs veulent bien contribuer à améliorer les produits et services qu’ils utilisent, ils ne sont pas à la botte des fabricants.
Première cause d’échec : le manque de sincérité.
Les vieux réflexes publicitaires reviennent vite : mieux vaut éviter de traiter les internautes qui s’inscrivent dans une logique communautaire comme de simples cibles ; les l’Oréal, Sony et autres Wal-Mart en auront fait l’amère expérience !
Ainsi Sony : fin 2006 apparaît alliwantforxmasisapsp.com – tout ce que je veux pour Noël c'est une PSP.com, si, si ! – une espèce de mini site fondé par deux fans de la dernière console nippone, avec des tas de goodies : cartes de voeux PSP, transferts pour T-shirt, etc. Un site tellement convaincant que la firme japonaise avouera bientôt la paternité du pseudo blog.
Entre temps, ce dernier avait été submergé de messages révélant sa vraie nature commerciale ; et ici encore, l’annonceur devra présenter ses plus plates excuses : « Nous avons vraisemblablement voulu être un peu trop malins. Mais nous n'utiliserons dorénavant ce site que pour vous donner de vrais faits sur la PSP, et nous nous bornerons à rester dans notre domaine d'expertise, pour continuer à faire des produits cools ».
Quant à Wal-Mart, son agence de relations publiques lui avait proposé la sympathique mise en scène d’un couple de bloggers parcourant les Etats Unis en camping car et stationnant sur ses parkings de ses magasins … d’où un permanent dialogue avec des dizaines d’employés de la chaîne, tous ravis de leurs conditions de travail idylliques !
Très crédible quand on connaît la politique du distributeur en matière de relations sociales !
S’inscrire dans un dialogue construit avec des blogueurs – dans une finalité de collaboration ou simplement de discussion – nécessite de faire preuve de transparence, respect, honnêteté … en fait, de valeurs humaines.
Sinon, c’est l’échec garanti.
"Ça ne marche pas" … tout seul !
Seconde cause d’échec : le manque d’intérêt des internautes pour ce que leur propose la marque.
Aujourd’hui fleurissent bon nombre de sites leur proposant de publier des suggestions (sur un produit, un service, mais aussi une cause, un phénomène de société, etc.), d’en discuter, d’évaluer les propositions pour aboutir à un projet collectif.
On citera Vous et la RATP : « Aimer la ville, c'est aimer échanger et dialoguer avec tous ceux qui vivent, travaillent et se déplacent dans les villes ! » ; Génération Responsable, initié par Generali : « Pour être solidaire de cette génération qui veut agir, nous avons décidé de créer un site où pourront se rencontrer les bonnes volontés et les projets, associatifs ou non, pour en faire autant d’opportunités de se rendre utile » ; etc.
Dans les mois et les années qui viennent, les sollicitations vont se multiplier … mais pas le temps libre des internautes ! Se lancer dans une agréable discussion sur la toile, pourquoi pas … mais pourquoi ?
Il faut que le projet apparaissent immédiatement, motivant, sérieux … et vivant !
Ce qui signifie de ne pas se limiter à construire un simple espace de dialogue en ligne, mais un lieu de rencontre où les gens qui s’y retrouvent partageront un ou des projets communs et motivants : participer à l’amélioration de mes moyens de transports, c’est concret et impliquant … à condition que "nos" suggestions débouchent un jour sur "quelque chose".
Ce qui signifie que la mise en ligne de ce type de sites communautaires réponde à une réelle stratégie de société – et pas une simple mimique, quand tout le monde fait pareil.
D’où l’allocation des moyens nécessaires : car si les internautes font une partie du travail, ils ne font pas tout le travail – erreur classique !
Ce qui signifie qu’un projet doit se promouvoir – pour que les futurs membres de la communauté ne se sentent pas trop seuls au démarrage comme sur Second Life – et s’animer : en incitant les membres à contribuer, en répondant à leurs sollicitations, etc.
Et surtout en leur apportant régulièrement la preuve que leurs échanges servent à quelque chose et tout ne tourne pas un peu dans le vide.
En un mot, que le fabricant joue le jeu avec la même honnêteté et implication qu’eux même : le reste n’est que mécanique, mais si ces simples règles de base ne sont pas respectées, c’est hélas l’échec assuré.
08:42 Publié dans Marketing 2.0 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.10.2008
L'après Web 2.0
Dans le cadre des Entretiens du Futur, Denis Failly me pose la question de l'après Web 2.0 : vaste sujet, très "tendance" ... bien que totalement inopérant !
Après le Web 2.0, on aura ... le Web 3.0 ! Puis le 4.0, le 5.0 ...
Pour moi, il n'y aura pas d'après Web 2.0 - sauf pour les pubeurs et autres marketeux qui ont de la salade à vendre (ceux qui vont enterrer le marketing à force de prendre le consommateur pour un zombie).
Bien sûr, il y aura un Web mobile : il est d'ailleurs déjà en marche (mauvais jeu de mots) ; mais le Web mobile, avec son marketing de la géolocalisation, ne saurait être le successeur du 2.0 : juste une progrès technologique, ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
Les tenants de la Metaverse Roadmap ne jurent que par les univers en 3D, les petits fils d'un Second Life aujourd'hui plombé par des temps de réponse dissuasifs et un gigantisme disproportionné qui nous donne l'impression de toujours errer dans des espaces désespérément vides.
Mais les uns comme les autres, même si je comprends leur militantisme - et je crois dans les univers 3D, je les attends avec impatience ; le marketing mobile m'amuse beaucoup moins, je dois le reconnaître, son intrusivité me gêne énormément. Les uns comme les autres donc confondent avancées technologiques et progrès sociétaux.
Le Web 2.0 ne repose d'ailleurs pas vraiment sur des prouesses technologiques ; enfin, rien de comparable à faire entrer Internet dans un combiné téléphonique ou de construire de vastes univers en trois dimensions !
Par contre le Web 2.0 a totalement transformé notre société - enfin est en train de la bouleverser de fond en comble. Et la révolution est loin d'être achevée.
C'est quoi, le Web 2.0 ? De l'Ajax, des flux RSS ? Que nenni !
Le Web 2.0, c'est la possibilité donnée à tout un chacun de devenir acteur du Web.
Internet, c'est une machinerie formidable ... mais dans sa conception initiale, Internet ne faisait que renforcer le pouvoir des acteurs traditionnels du monde politico-économico-médiatique : le Monsieur Tout Le Monde de l'ère pas si ancienne du Web 1.0 accédait à un flux gigantesque d'informations nouvelles, ce qui constituait déjà en soi un progrès incommensurable.
Mais il accédait : jamais il n'aurait pu - espéré, osé espérer - alimenter lui-même un jour les tuyaux.
Quand il voulait acheter un ordinateur, il pouvait en apprendre quasiment autant que les vendeurs ; puis également négocier les prix après s'être promené au hasard des comparateurs de prix. Et les distributeurs ont vu débarquer dans leurs boutiques des consommateurs d'un type nouveau, mieux armés, désespérément mieux armés et négociateurs en diable : j'ai alors utilisé le terme "d'empowered consumer".
Quoi qu'il en soit, la communication demeurait verticale : les marques, les annonceurs, les médias au sommet ... et la plèbe en bas. Certes, parfois, on la laissait s'exprimer ... d'où le succès des premiers forums de discussion - à distinguer des forums techniques de type questions réponses. Mais dans un forum, on n'est pas vraiment chez soi.
Sur son blog, si : sans connaissances informatiques, sans argent non plus, le citoyen peut s'exprimer sans contraintes chez lui : un privilège jusqu'alors inaccessible.
Je ne referai pas ici le "tour complet du propriétaire" du Web 2.0 : du blog plus ou moins collaboratif au wikis et autres réseaux sociaux, s'installe un nouveau système communicationnel : le many to many remplace le one to many.
La démocratie s'installe sur la toile : contrairement à ce que d'aucuns prétendent, il n'est pas temps de tourner la page de Mai 68 : jamais l'esprit de 68 n'a été aussi présent. Mais évidemment, c'est diablement déstabilisant : car les politiques tout comme les marques y ont beaucoup à perdre.
Bref, la rupture "électronique" du Web 2.0 en recouvre une autre, bien plus importante : celle qui marque le passage d'une Civilisation 1.0 à une Civilisation 2.0 ! De l'oligarchie politico-économico-médiatique à la démocratie participative. Ou collaborative. Ou ...
... ou à la démocratie, quand chacun peut s'exprimer, contribuer, créer.
C'est une page lourde de plusieurs centaines d'années qui se tourne : et certains oseraient penser qu'il suffit de miniaturiser un peu plus les terminaux Internet ou remplacer le graphisme actuel de nos interfaces par des avatars en 3D pour changer de numéro !
uelle mégalomanie !
A la rigueur, parlez de Web 3.0 ou 200.0 si le coeur vous en dit ; la vraie vie - loin de la frime et de la pub - se chiffrera encore longtemps en 2.0 !
08:00 Publié dans Marketing 2.0 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.10.2008
Communautés et Web communautaire - Première partie
"Web, la révolution communautaire", titrait Le Monde du 22 Octobre 2006 : dans cet interview – repris et commenté dans de nombreux blogs –, le sociologue belge Jean-Claude Burgelman, ne pouvait que constater l’ampleur du phénomène Web 2.0 : "Un blog se crée quasiment toutes les secondes sur la planète. Plus de 100 millions de personnes appartiennent à la communauté rassemblée par MySpace, etc.".
Et s’interroger sans réels éléments de réponse cependant : "En quoi ce phénomène est-il durable ? Quels sont les effets à redouter ?" … et bien sûr l’éternelle question des universitaires qui se penchent sur un phénomène économique qu’ils ne maîtrisent pas : "Ces modèles seront-ils viables économiquement".
Le Web 2 : un nouveau modèle communautaire
Quelques mois plus tard, la fascination s’estompe et surgissent les premières inquiétudes : "Wikipedia & Web Communautaire: Démocratie ou Oligarchie ?", questionnera alors Mashable, dénonçant la mainmise sur l’encyclopédie en ligne d’une petite caste de contributeurs "plus égaux" que les autres, parce que maîtrisant mieux – et noyautant de fait – l’outil.
Le plus amusant, c’est que l’article que Wikipédia consacre aux communautés en évoque une multitude : historiques, internationales, linguistiques, sociologiques, administratives, écologiques, scientifiques, religieuses, etc., etc. … sans jamais parler de Web 2.0, ni même de Web tout court !
Peut-être parce que même les rédacteurs de Wikipédia sont incapable de considérer les communautés en ligne autrement que sur le modèle des communautés physiques : un groupe d’individus – plus ou moins constitué – qui se réunit pour discuter ou en vue d’une action précise.
En ce sens, les flash mobs où des individus qui ne se connaissent se retrouvent en un endroit précis et à une date fixée à l’avance pour accomplir une action improbable et inutile (lever les bras au ciel, applaudir, etc.) apparaissent bien comme la caricature du système.
Sauf que sur le Web 2.0,la dynamique est exactement … l’inverse : les conversations préexistent !
Ce qui caractérise la toile aujourd’hui, c’est la facilité avec laquelle les consommateurs peuvent s’exprimer sans contraintes. Sans difficultés techniques : quoi de plus aisé d’ouvrir un blog, de poster une vidéo sur un réseau social, etc.
La communication Web 2.0 est asynchrone par excellence : chacun peut délivrer un message, chacun peut choisir d’y répondre, à son rythme, à son jour et à son heure.
Communautés et créativité
Quand on interroge les blogueurs sur leurs motivations – je ne parle pas des quelques blogueurs d’autorité à l’ego démesuré, mais de ceux de la "long tail" –, tous justifient leurs contributions par le désir de "participer" à "quelque chose". De créer quelque chose !
Certes, seule une frange très minoritaire des internautes bloguent, une part encore plus restreinte publie sur les réseaux sociaux musicaux, et une proportion encore plus infime rédige des articles sur Wikipédia : mais après tout, tout le Web – fût-il "2.0" – n’a pas à être communautaire et créatif !
Par contre, toutes les communautés qui se développent aujourd’hui sur le Web 2.0, autour d’une idée, d’un centre d’intérêt, d’un projet, voire d’une marque, présentent l’extraordinaire et double avantage de leur créativité et de leur désir de participer.
Un exemple parmi d'autres, Converse : on peut découvrir – notamment sur la plateforme de Skyrock – des dizaines de blogs totalement dédiés à la marque, où des adolescents publient les photos montrant comment leurs copains décorent leurs chaussures – voir par exemple i lov converse, qui totalise près de 4000 commentaires à ce jour !
Fin 2007, la marque a même poussé un cran plus loin en proposant à tous ses afficianados de publier sur son site leurs vidéos … à condition bien évidemment qu’elle en constitue le sujet central ; les meilleurs ont ensuite été utilisées comme spots publicitaires au cinéma : beau modèle à la fois de créativité et d’attachement à une marque.
Le modèle communautaire créatif se développe rapidement aujourd'hui sur la toile : toutefois si le Web 2.0 contribue fortement à son développement, il se rencontre également hors d’Internet, quand une marque comme Lego reprend et commercialise des prototypes développés par des fans de la briquettes en plastique.
... à suivre mardi prochain.
07:35 Publié dans Marketing 2.0 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.09.2008
Ozibao
Vous connaissez Adrien Poggetti ... alias Pangloss ? J'ai découvert son existence au travers d'un commentaire laissé sur ce blog, suite à mon papier Air France confirme son manque d’éthique.
Sa note ne parlait pas vraiment d'Air France, mais de mon livre : j'ai voulu voir à quoi ressemblait quelqu'un qui s'intéresse au Marketing 2.0, j'ai cliqué sur le lien et ai atterri - je sais, avec Air France, le jeu de mots est facile - sur Ozibao, un site de vente en ligne de ... T Shirts. Le syndrome La Fraise ?
C'est une des questions que je lui ai posée : à vous de juger !
Marketing is dead : Ozibao, après La Fraise, ce n'est pas le nième site/blog de vente de T Shirts sur le Net ? En quoi vous êtes différents ?
Ozibao : Ça c'est la question classique. Vendre des tee shirts sur le net, c'est rejoindre le clan des La Fraise like. J'espere que non ...
D'une part parce qu'Ozibao s'adresse à une niche de passionnés... de sport, là ou La Fraise visait des graphistes/gamers.
D'autre part parce qu'Ozibao ne fait pas appel au crowdsourcing. Nous travaillons avec des graphistes qui nous intéressent et dont la patte nous plait.
Enfin, La Fraise vend uniquement des tee shirts, là ou Ozibao vend ... un état d'esprit. En plus des tee shirts, nous vendons des maillots de football "vintage", des bouquins, des besaces ...
Cela dit, La Fraise a été l'une des premières boutiques en France a fédérer une communauté, à réussir en partant de pas grand chose. En ce sens, c'est un modèle. Mais dans la démarche marketing, Bagatelles.fr, dont le coeur de cible est bien différent du nôtre, l'est tout autant!
Marketing is dead : Tu écris sur le site : "L'équipe d'Ozibao allie éthique, qualité et humour" : tu peux le prouver, tu as des exemples concrets ?
Ozibao : Ethique parce que nous avons fait le choix des que possible de travailler avec des fournisseurs respectant des critères comme le non travail des enfants, le respect des droits des travailleurs, le versement de salaires décents...
Tout ça est contrôlé et les entreprises avec lesquelles nous travaillons (Continental pour les tee shirts, notamment) bénéficient de toutes les certifications concernant cet aspect. La qualité, c'est notre boulot et celui de nos partenaires.
On est parti d'une idée simple, il fallait que nos produits nous plaisent. Pour ça nous avons étudié un paquet de modèles, fait une grosse recherche de partenaires avant de choisir ceux dont le travail nous inspirait réellement.
En ce qui concerne l'esprit, un peu drôle et impertinent, je pense qu'il se voit sur nos produits. Parodier LA Woman des Doors avec David Beckham ou reprendre les cultissimes citations de George Best montre assez à quel public on s'adresse, non ?
Marketing is dead : La Fraise a vendu parce qu'il n'avait pas envie de grossir et de devenir un gestionnaire : c'est quoi le futur de Ozibao ? Surtout si Ozibao grossit un peu trop ?
Ozibao : Le futur (idéal) d'Ozibao, c'est une croissance responsable et maitrisée. C'est continuer de prendre du plaisir a developper des produits.
Me payer et embaucher quelques personnes pour rejoindre l'équipe. Surtout, ne pas s'éloigner du terrain, rester au contact des clients. Continuer à agir avec eux en toute transparence, des la phase de conception des produits, comme cela peut etre le cas sur le blog aujourd'hui.
Cette transparence dans la démarche que nous menons a été maintes fois fort utile au moment de prendre des décisions "marketing" pour l'entreprise, il suffit de lire les archives des blogs existants pour s'en rendre compte.
Pour le moment, Ozibao est encore une petite entreprise, mais qui sait ?
09:11 Publié dans Marketing 2.0 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14.07.2008
Marketing 2.0 : pour une nouvelle posture marketing
Le 30 Mai dernier, dans le cadre du Club Marketing 2.0 de l'Adetem, je présentais ma "vision du Marketing 2.0" à l'occasion de mon dernier ouvrage : Marketing 2.0, l'intelligence collective.
A cette occasion, mes amis de Next Modernity ont filmé la conférence et l'on publiée sous forme d'un triple podcast sur leur blog : pour faciliter l'écoute, ils ont inclus la présentation PowerPoint en regard : un grand bravo pour ce travail de qualité.
Cette troisième vidéo se concentre sur les implications en termes d'organisation et d'état d'esprit du Marketing 2.0.
Le visionnage nécessite le player Flash 9.0 d'Adobe: pour le télé-charger gratuitement, c'est ici.
17:25 Publié dans Marketing 2.0 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




