31.05.2009
Que restera-t-il du luxe après la crise actuelle ? #3
Suite de l'article du 24 Mai.
Pour solde de tout compte
Le luxe - des marques de luxe - ne correspond donc pas aux attentes de la grande majorité des Français ... qui ne sont pas leurs clients : est-ce si grave ?
On serait tenté de répondre "non" : peu importe que les Français qui n'ont pas (ou plus) les moyens de se payer des produits de luxe - du fait de la (des) crise(s), notamment - présentent d'autres aspirations en matière de luxe.
Sauf que l'on ne construit pas toute une industrie sur une niche.
L'industrie du luxe n'existe aujourd'hui encore que parce qu'elle a su élargir sa base de clientèle.
Car à l'origine, le luxe constituait plutôt un artisanat - ultra sophistiqué, proposant des produits de bien meilleure qualité que la grande majorité des fabricants œuvrant sur les mêmes créneaux.
Ce qui justifiait naturellement de larges écarts de prix, comme celui d'une malle d'une extrême résistance, d'une montre d'une extrême précision ... jusqu'à l'apparition des mécanismes à quartz !
Jusqu'à ce que les entreprises - tous secteurs, tous niveaux de prix confondus - cessent de vendre des produits pour commercialiser des signes de reconnaissance sociale : c'est le début du post-modernisme, qu'analysera Jean Baudrillard dans La Société de consommation.
La fonction publicitaire glissera alors de la qualification des produits (montres précises, voitures sportives, séjours hôteliers confortables, etc.) à celle de leurs possesseurs : peu importent l'objet ou le service, seul compte celui que les achète.
C'est en ce sens que "si à cinquante ans on n'a pas de Rolex, on a quand même a raté sa vie".
L'ultra sophistication originelle ne disparaîtra pas pour autant pour les Hermès, Vuitton, Rolex ; mais de plus en plus, la distinction conférée par leur possession l'emportera sur l'utilisation - du moins comme motivation d'achat.
Dans ce dernier quart du vingtième siècle qui sera celui du paraître, le luxe trouvera naturellement les ferments de son élargissement : les objets ayant désormais pour fonction d'affirmer qui nous sommes, quoi de plus naturel que de vouloir se procurer ceux qui donneront de nous la meilleure image qui soit.
Et comme ce n'est plus la (seule) qualité qui compte, le marketing du luxe va devenir le modèle marketing par excellence.
C'était au siècle dernier ...
Aujourd'hui, sans doute parce que les Français ont goutté au plaisir d'être à nouveau eux-mêmes, notamment en s'exprimant librement sur la toile ; sans doute également parce leurs poches se révèlent de plus en plus vides ; le grand retour des valeurs liées à l'être sonne le glas du paraître.
Le grand luxe d'un cadre surmené, ce n'est plus d'agiter ostentatoirement une montre "Bling Bling" aux yeux de ses collègues, mais de rêvasser avec sa famille en regardant les étoiles, un soir de printemps.
De prendre un verre à la terrasse d'un café - de ne rien faire.
Le luxe va pouvoir renouer avec ses racines, redevenir un artisanat de la perfection.
L'industrie du luxe est morte : vive le luxe !
Le vrai.
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27.05.2009
Orange meilleur (pire) que Carrefour
Récemment, je me dénonçais les pratiques pour le moins "douteuses" de Carrefour en matière d'e.mailing.
Mais franchement, à côté d'Orange, ce sont des enfants de cœur !
Carrefour finasse, induit l'internaute en erreur, mystifie ...
Orange ne s'embarrasse pas de scrupules : le fournisseur d'accès préfère passer en force !
Il y a une loi sur l'opt in en France ? Tout le monde est au courant ?
Ben ... pas Orange !
En témoigne ce mail récemment reçu :
"Bonjour,
"Afin de vous permettre d'accéder à plus de services, Orange Internet vous propose de vous faire découvrir ponctuellement par téléphone ou par courrier postal, les offres de ses partenaires (comme par exemple Canal+…).
"Ces sollicitations seront réalisées par Orange Internet, laquelle ne communique pas vos données personnelles à ces partenaires.
"Si vous ne souhaitez pas être destinataire des offres de nos partenaires, cliquez ici.
"Nous vous remercions de votre confiance et de votre fidélité.
"Votre service clients internet"
Si vous ne souhaitez pas : ça, c'est de l'opt in ! Non ? Ah bon ...
Donc je clique et atterris chez Orange où je découvre une magnifique case vierge (ça, c'est bien de l'opt in alors ? ) accompagnant la mention : "Je ne souhaite pas recevoir d'actions de communications réalisées par Orange Internet sur des offres partenaires (dont Canal+) par courrier postal ou par téléphone".
Bon, je ne vais surtout pas cocher ... et donc recevoir des courriers illégaux des "ses partenaires (comme par exemple Canal+…)".
Tant pis pour eux ... puisqu'ils utiliseront des fichiers illégalement constitués : je pourrai les dénoncer à la CNIL !
Na !
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24.05.2009
Que restera-t-il du luxe après la crise actuelle ? #2
Suite de l'article du 17 Mai.
Luxe(s)
Peut-être pour le luxe devrait-on poser la même question que pour la crise : le luxe, quel luxe ?
Il y a le luxe des sacs Vuitton et des montres Rolex - le luxe de publicitaires comme Jacques Séguéla qui affirmait : "Si à cinquante ans on n'a pas de Rolex, on a quand même a raté sa vie".
Et puis, il y a le "vrai" luxe, celui des Français qui n'ont pas les moyens - ou simplement l'envie - de débourser au minimum 4000 euros pour une tocante.
Pour comprendre ce que recouvre pour ces derniers le concept de luxe, je me suis promené au sein de la blogosphère, sur des blogs de simples consommatrices, de voyageurs, etc. - des blogs souvent inclassables, peignant la vie au quotidien.
L'on y apprend que le "vrai" luxe n'est ni ostentatoire, ni même cher ... en fait, il n'a pas de prix : le "vrai" luxe n'est pas marchand !
C'est la santé, comme le souligne Désire, qui soufre de la maladie de Crohn : "En fait, je constate que le vrai luxe dans une vie, c'est la santé ». Ce qui n'est pas sans évoquer une récente campagne de publicité des hypermarchés Leclerc, clamant : "Avec l'augmentation des prix des médicaments, soigner un rhume sera bientôt un luxe".
Le "vrai" luxe n'est que relatif - et sans doute est-ce pour cela que le terme apparaît si fréquemment dans les blogs de voyage : pour En route pour le pays d'Oz, le luxe suprême en Tasmanie, ce seront ... des "douches chaudes en bord de plage" ; et pour Mylène & Simon, "la chance de dormir dans des refuges chauffés au bois a toutes les nuits" chez les Inuits.
Et plus de chez nous, le "vrai" luxe se nichera dans des détails de la vie de tous les jours.
Pour Maman Mercredie, ce sera ... prendre une douche : "Je me suis offert tout un luxe aujourd'hui ... J'ai profité du fait que Bébélou faisait sa sieste pour aller prendre une douche ... seule".
Et pour Toujours dimanche, ce sera même ... de ne rien faire : "s'offrir le luxe, le temps que dure un café, de rien faire, de rien décider".
Si l'on tentait de déceler un plus petit dénominateur commun entre tous ces conceptions du luxe - celui de Séguéla, Désire ou Toujours dimanche - sans doute faudrait-il le chercher dans sa rareté, son inaccessibilité.
Inaccessibilité absolue de la santé pour un malade comme Désire, et des montres Rolex pour la grande majorité des Français, en raison de la barrière artificielle - mais bien réelle, néanmoins - des prix.
Inaccessibilité relative d'un instant de calme - d'un petit bonheur, d'un plaisir simple : le luxe devient accessible à tous ... sauf peut-être aux plus riches, à ceux qui courent sans cesse et n'ont pas les moyens de faire une pause à regarder un coucher de soleil !
La vision la plus couramment partagée du luxe semble bien celle d'un instant privilégié - extrêmement personnel - et surtout non marchand : le luxe du Comité Colbert - qui regroupe les principaux acteurs du secteur - apparaît plus comme une exception - très lucrative, certes, mais une exception cependant.
A suivre la semaine prochaine ...
16:34 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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20.05.2009
1 Paolini = 5 Sarkozy
Glané au fil de l'actualité :
"Une amende de 100 euros a été requise mardi contre un homme qui avait crié «Sarkozy je te vois» à des policiers effectuant un contrôle de police en gare Saint-Charles à Marseille", dans Le Parisien.
"La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a condamné hier à une amende de 500 euros avec sursis Patrick Poivre d'Arvor, ex-présentateur du journal de 20H00 de TF1, pour avoir diffamé le PDG de la Une Nonce Paolini, au cours d'un entretien paru en octobre 2008 dans le magazine Bretons", selon CB News.
Donc 1 Paolini = 5 Sarkozy
Je sais, c'est ridicule.
Mais peut-être pas aussi ridicule que procès en cours à Marseille !
Ce qui est clair, c'est que tant que police et justice se montreront aussi ... (je vous laisse le soin de remplir, je ne veux courir aucun risque), les trafiquants et autres assassins auront de beaux jours devant eux.
08:58 Publié dans Un peu de bon sens | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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17.05.2009
Que restera-t-il du luxe après la crise actuelle ? #1
Depuis quelques mois, mes copains des Mardis du Luxembourg - un think tank tout aussi informel que sympa, qui depuis bien longtemps ne se réunit plus près des jardins du Luxembourg, et parfois même, plus le mardi ! - depuis quelques mois donc, nous discutons du luxe ... sujet très tendance - pour les marketers, j'entends - autours duquel ne se formule - heureusement - aucun consensus !
J'avais, il y a quelque temps - une bonne année en fait - apporté ma contribution au débat en réalisant Le luxe n'est plus ce qu'il était !, une analyse du concept de luxe au sein de la blogosphère, publiée sur Intelligence Collective.
J'ai également apporté ma pierre au rapport Smartfutur sur les Tendances 2009 de l'univers du luxe à la demande de mon ami Réné Duringer.
Bref, une overdose de luxe !
Certainement est-ce pourquoi avons-nous décidé de tourner la page du luxe, non sans - avant de nous lancer dans une nouvelle aventure - répondre à une dernière question : Que restera-t-il du luxe après la crise actuelle ?
Tout cela en deux pages - français et anglais, en vue d'une publication sur la première plateforme collaborative européenne dédiée au marketing, lancée par l'European Marketing Confederation, je vous en reparlerai - et une série d'émissions sur une Web TV - je vous en reparlerai aussi.
Donc, que restera-t-il du luxe après la crise actuelle ?
Pas grand chose, aurais-je tendance à dire ... vous reconnaissez mon goût pour l'inutile et le superfétatoire ! Cela étant, en affirmant "pas grand chose", je ne formule pas un souhait : j'affirme une conviction, ce qui est quelque peu différent.
Reste à le démontrer.
Démonstration en deux temps : la crise, le luxe. Et puis le solde.
Crise (s)
En ce qui concerne la crise, la question est simple : quelle crise ?
Il ne s'agit pas d'une pirouette, mais d'une réelle question ...
La crise économique liée à la mauvaise gestion du crédit par les banques : subprimes, pertes abyssales, etc.
Avec évidemment les dégâts collatéraux qui s'en suivent : récession et fermetures d'usines, licenciements à gogo - et le plus souvent abusifs, par précaution et surtout pour ne pas laisser perdre une si belle occasion ...
Résultat : jamais la Banque de France n'a enregistré autant de dossiers de surendettement que cette année, jamais les sociétés de crédit n'ont constaté de défaillances dans les remboursements ... jamais les Français ne sont sentis si pauvres !
La crise liée au passage à l'euro, ensuite.
Ah ! Il a bon dos, l'euro : le pouvoir d'achat n'a pas vraiment souffert du passage à l'euro, et c'est vrai ... mais !
Car il y a un "mais", et de taille !
Le prix des biens durables (téléviseurs, ordinateurs, etc.) a considérablement chuté ... et celui des produits alimentaires tout aussi considérablement augmenté : plus de 6% pour la seule année 2001 ! Et si l'on ajoute également plus de 6% pour 2008, on réalise que le passage à l'euro a surtout profité à ceux capables de s'acheter de superbes écrans plasmas ... pas à tout le monde.
La crise qui secoue notre pays - et la majorité des pays occidentaux - depuis 1980, enfin.
Certes, le niveau de vie des Français ne s'est jamais si bien porté, tout comme leur pouvoir d'achat ! Sauf que pouvoir d'achat ou niveau de vie moyens ne signifient rien : les revenus salariaux se dégradent d'année en année, largement compensés pour certains, par les revenus tirés du capital.
Encore faut-il avoir les moyens d'investir ...
En 30 ans, en 8 ans, en 1 an - selon les crises que l'on adresse -, toujours le même constat : les écarts entre les Français les plus pauvres et les plus riches se creusent, inéluctablement.
Est-ce le problème des industriels du luxe ? Eux qui ne vendent qu'aux riches ?
C'est ce dont il nous faut maintenant parler ; mais auparavant, un petit aparté (sociétal) sur le concept même de luxe.
A suivre ...
22:06 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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12.05.2009
Un homme d'exception
Tous les ans, la Nuit du Marketing de l'Adetem réunit des invités prestigieux, et la prochaine, le 2 juillet 2009, ne manquera pas à la tradition : Samira Djouadi, Secrétaire Générale de la Fondation TF1, Jean-Paul Bailly, Président du Groupe La Poste, Jean-Jacques Blanc, Président de Whirlpool France, et Pierre Saglio, Président d’ATD Quart-Monde.
(Pour plus précisions sur la Nuit du Marketing, visitez le blog).
J'ai récemment eu le plaisir de rencontrer Pierre Saglio pour préparer cette soirée et j'avoue avoir rarement eu l'occasion de dialoguer avec des êtres aussi exceptionnels ... peut-être parce qu'ils font tout pour ne pas le paraître : simplement, ils ont leurs convictions chevillées au corps, éminemment humaines.
Pierre préside ATD Quart Monde.
ATD Quart Monde est une ONG qui souhaite contribuer à "bâtir une société où chacun sera respecté dans son égale dignité et y aura sa place pleine et entière" : égale dignité, voilà des mots forts.
Pour découvrir ATD Quart Monde, visitez son site.
J'ai souhaité prolonger cette rencontre avec Pierre de cette rapide interview.
MarketingIsDead : Quel est ton parcours, qu'est-ce qui t'a conduit à te lancer dans l'humanitaire et la lutte contre la pauvreté en France ?
Pierre Saglio : Je ne me suis pas "lancé dans l’humanitaire" et n’ai jamais défini mon engagement à ATD Quart Monde de cette manière.
J’ai toujours cherché un engagement politique et c’est à ATD que je l’ai trouvé en conformité avec les options auxquelles je croyais.
Je suis arrivé à ATD Quart Monde d’abord comme "allié" pendant mes études d’ingénieur à Lille (Centrale Lille). J’y suis resté ensuite en tant qu’objecteur de conscience et, avec ma femme, nous y sommes restés 10 ans comme volontaire permanent.
Ensuite, pour des raisons d’équilibre familial et par respect du volontariat d’ATD Quart Monde, nous avons décidé de le quitter tout en restant membres actifs de ce mouvement en Bretagne où nous avions « atterri » car j’avais trouvé du travail à Ouest-France. Je suis président depuis octobre 2002.
Je crois à un engagement politique faisant du refus de la misère une priorité et un repère constant. Je crois à un engagement politique pour "obliger la société à changer" comme le disait Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde en nous mettant aux côtés des plus défavorisés, aux côtés du Quart Monde qui se lève parmi eux et nous appelle à nous unir pour faire respecter les droits de l’homme pour tous.
Je crois vraiment qu’ATD Quart Monde porte un message profondément révolutionnaire dont notre société a besoin.
MarketingIsDead : Aider les pauvres, ce n'est pas les assister mais restaurer ou plutôt reconnaitre leur dignité ...
Pierre Saglio : Mon histoire personnelle m’a donné une grande sensibilité, je crois, à la dignité et au refus de l’humiliation depuis qu’à 15 ans, j’ai vu mon père profondément humilié. Si je suis resté dans ce mouvement ATD Quart Monde depuis 1974, c’est parce qu’il porte très profondément le refus de l’humiliation des hommes, de tout homme, ose affirmer l’égale dignité de tous et construit un projet porteur de cette conviction.
Égale dignité face au travail entre cet homme à qui tout réussit professionnellement et celui qui a toujours été le plus éloigné de l’emploi comme j’en ai connu tant.
Égale dignité de cette mère terriblement marquée, physiquement marquée par une vie de misère, à qui un inspecteur de la DDASS disait en feuilletant "son dossier" : "mais madame, on vous connaît" et comme elle me disait en sortant : "ce qu’il y a là-dedans, c’est pas bon pour moi !"
On ne peut croire à l’égale dignité et continuer à accepter qu’indéfiniment, on décide tout à la place des pauvres, individuellement et collectivement
MarketingIsDead : La France, c'est un pays où le pouvoir d'achat moyen progresse depuis un quart de siècle, et où les pauvres sont de plus en pluspauvres ; ces dernières années, depuis notamment le passage à l'euro, le mouvement semble s'amplifier : se dirige-t-on vers une société fondée sur l'exclusion d'une part importante de sa population ?
Pierre Saglio : En 1998, nous avions remporté une grande victoire avec le vote de la loi d’orientation contre les exclusions qui a fait date dans l’histoire du refus de la misère. Pour la première fois, la loi inscrivait la lutte contre l’exclusion comme "priorité de l’ensemble des politiques publiques", considérait la grande pauvreté comme "violation des droits fondamentaux fondés sur l’égale dignité de tous les citoyens" et rappelait que ce combat pour venir à bout du fléau s’imposait à tous.
Malheureusement, depuis cette date, les inégalités notamment ont pris des proportions scandaleuses du fait du totalitarisme de l’argent dans notre société.
Aujourd’hui, si nous n’y prenons garde, si nous ne renforçons pas un courant civique pour s’y opposer et rappeler l’enjeu de l’égale dignité en démocratie, les plus pauvres sont laminés, renvoyés sans cesse à des réponses d’urgence qui les humilient et ne les soutiennent pas dans leur combat pour que leurs enfants ne passent pas par où ils sont passés.
MarketingIsDead : Et que faire pour en sortir ?
Pierre Saglio : "S’unir pour un monde sans misère", voilà le titre de notre contrat d’engagements communs que nous avons défini entre nous avec beaucoup de soin, au sein d’ATD Quart Monde, pour les prochaines années.
Nous n’avons pas d’autre alternative pour venir à bout du fléau de la misère : nous unir. Joseph Wresinski disait le 17 octobre 1987 : "s’unir est un devoir sacré".
Voilà pourquoi ATD Quart Monde est un mouvement de rassemblement, un mouvement d’unité, d’une exigeante unité parce que fondée sur l’égale dignité de tous, et en particulier du plus meurtri, du plus défiguré par la misère, où que ce soit dans le monde que nous devons apprendre à rencontrer comme notre égal en humanité, avec qui nous devons apprendre à penser, à agir, à concevoir nos projets, à évaluer nos actions.
Le président du CES a écrit en février 2007, en hommage à Joseph Wresinski, ce texte qui est "la devise" du CES : "Considérer les progrès de la société à l'aune de la qualité de vie du plus démuni et du plus exclu, est la dignité d'une nation fondée sur les Droits de l'Homme".
22:39 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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L'heure de passer au Marketing 2.0.
La crise fait exploser le surendettement - Le Figaro.
Les naufragés du crédit affluent avec la récession - Libération
Record du nombre de dossiers de surendettement déposés en mars - L'Express.
Pas très gais, les titres des médias ces jours-ci : "Les 21 747 dossiers déposés en mars 2009, représentent une progression de 30 % par rapport à mars 2008. Sur le premier trimestre, les 58 188 dossiers traduisent une poussée de fièvre de plus de 16 %", précise encore Libération.
Et bien évidemment, ce n'est que le sommet de l'iceberg : car derrière ces cas extrême, il y a la masse des consommateurs lambdas frappés de plein fouet et qui se restreignent : plus de sorties, plus de fantaisies en faisant les courses, plus ...
Plus grand chose, ou ... plus rien.
Mais qui sont-ils donc, ces Français à la limite de l'asphyxie ?
Un peu tout le monde, c'est-à-dire la grande majorité des consommateurs : plus seulement les jeunes arrivant sur un marché du travail extrêmement précarisé, les foyers mono-parentaux traditionnellement étranglés ou les séniors aux retraites mal revalorisées.
Non, mais la traditionnelle ménagère de moins de 50 ans, qui compare systématiquement les prix entre Auchan et Lidl, Franprix et Leclerc, et n'hésite plus à se pencher pour saisir les produits "1° prix" toujours placés au niveau du sol - et surtout pas à hauteur des yeux !
Non, un peu tout le monde, qui délaisse les produits de marque, les restaurants ; remplit parcimonieusement son charriot, son réservoir ; remplace le cinéma du samedi soir par une vidéo à la télévision ; etc.
Bref la cible classique ... des marketers !
Les clients traditionnels des produits de marques, qui n'ont plus vraiment les moyens de se les payer !
Et qui cherchent les bons plans sur la toile, s'échangent des tuyaux, pour acheter autrement ... moins cher, chaque fois que possible : parce qu'ils ne peuvent plus se payer autre chose.
Pas très gai, mais c'est la réalité, et la marketing va devoir faire avec : des consommateurs de moins en moins sensibles aux sirènes de la consommation, de plus en plus experts également, et suspicieux à l'égard du marketing et des marques.
Bref, ne serait-ce pas l'heure de passer au Marketing 2.0 ?
07:00 Publié dans Marketing 2.0 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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11.05.2009
Carrefour : un litre ou à peu près !
Je me souviens - il y a très longtemps, on ne parlait pas encore de photo numérique et encore moins de GSM - avoir voulu prendre quelques photos d'un linéaire chez Carrefour pour un store check : un vigile est immédiatement arrivé et je me suis poliment mais fermement vu prier de sortir.
S'il ne m'a pas pas confisqué la pellicule, c'est que je venais de l'acheter dans le même magasin quelques minutes plus tôt ... et que mon discours d'étudiant attardé semblait convainquant
Aujourd'hui, il suffit de sortir son téléphone mobile et plus personne ne porte attention à vous : du coup, plus de problème de store check.
Et plus de problème non plus pour relever les multiples absurdités d'un étiquetage défaillant !
Récemment, alors que je dénonçais ici la dérèglementation, par l'Union Européenne, des poids et litrages, MMartin m'a laissé en commentaire : Il y a quand même un truc obligatoire qui s'appelle le "prix au kilo" et qui va devenir la référence dans les rayons. Alors bien sûr, c'est écrit en petit etc. Mais quand même, ça existe".
Je ne peux que lui donner raison : c'est écrit ... en vraiment très petit ... et il faut parfois vraiment le chercher pour le trouver.
Mais quand on le trouve, on se régale, comme pour ces nouveaux smoothies à la marque Carrefour, justement - voir la bouteille en vignette.
La bouteille contient 1 litre et coûte 2,73 euros.
Et le prix au litre est ... 2,63 euros ! Si, c'est bien ce qui se lit sur l'étiquette ci-dessus !
Je n'ai pas cherché à savoir quel prix serait sorti en caisse : en plein printemps, il n'y a que les impotents pour acheter leurs smoothies à ce prix-là au lieu de les faire soi-même !
C'est certainement comme ça que Carrefour va regagner la confiance de ses clients !
Si vous connaissez quelqu'un chez Carrefour qui puisse m'expliquer ce magnifique tour de passe passe, je suis preneur, bien évidemment : n'hésitez pas à diffuser.
07:01 Publié dans Un peu de bon sens | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
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06.05.2009
Le Bubus quotidien
Évidemment, ce papier est un clin d'œil au fameux blog : Train Train Quotidien, consacré aux malheurs des usagers de la ligne Paris-Rouen-Le havre de la SNCF ... enfin de la SNTR, la Société Nationale des Trains en Retard, comme l'avaient renommée ses blogueurs !
Je ne parlerai ici que de la RATP, ou plutôt de ses bus, et même plus précisément d'une ligne de bus, la 56, qui relie la Porte de Clignancourt au Château de Vincennes.
Parce qu'il y a des lignes qui fonctionne plutôt bien, tout comme il y a des trains qui arrivent à l'heure ; mais il y en a d'autres ... dont la 56 !
Samedi dernier, 14 heures 15, arrêt Vincennes RER République : pas de bus en vue, mais heureusement la circulation est d'une fluidité absolue en ce pont du 1 Mai, pas le moindre embouteillage en vue. En plus, le terminus du Château de Vincennes n'est vraiment pas loin.
Bref une situation optimale, et comme l'intervalle affiché entre deux passages est de 13 minutes le samedi, pas de soucis à se faire : le 56 va bientôt pointer son nez !
Ce qu'il fait très rapidement ... dans l'autre sens !
Ce qu'il fait à nouveau après un petit quart d'heure ... dans l'autre sens !
Ça roule vraiment bien ... dans l'autre sens !
Une petite discussion entre habitués m'apprends que "le 56, c'est toujours comme ça, toujours en retard".
"Même au terminus, ils ne sont que rarement à l'heure."
14 heures 40, le 56 pointe enfin son nez ... dans le bons sens et la circulation est toujours d'une fluidité absolue sur Vincennes !
Bien la peine de préciser sous les horaires que la RATP s'efforce de respecter les horaires "en fonction des difficultés de la circulation" et que l'engagement qualité sur cette ligne est de ne pas les dépasser de ... 2 minutes !
Mieux vaut se taire que de proférer de telles engagements ... pour ne pas les tenir !
Le bus arrive bientôt à Saint Mandé : au bas de l'avenue Gambetta, il grille allègrement la priorité de la rue Cart ... heureusement, le conducteur de la voiture devait être du coin, et au courant que le 56 ne respecte pas les priorités.
Place de la Nation, il y a trois arrêts : Nation, Nation Place des Antilles et Nation Voltaire ; les deux premiers sont distants d'au moins 50 mètres, à tout casser, le dernier guère plus loin : intéressant !
Pour la bonne bouche, je vais faire un tour sur le site participatif : Vous et la RATP.
Là, je peux choisir ma ligne ... de métro. Ou de RER. Voire de tramway !
Pour le bus, c'est pot pourri : juste pour dire que le bus, la RATP s'en moque un peu ?
Pour savoir si quelqu'un a fait une proposition intelligente susceptible d'améliorer l'efficacité de la ligne 56, il me faudra défiler ... 35 pages, ce à quoi je renonce très rapidement.
Bref, le temps me semble venu d'un blog Bubus quotidien !
Idée à transmettre à Brigitte Iturralde, 55 ans, Responsable du Pôle Services et communication au Département BUS, qui n'hésite pas à s'afficher aimablement sur le site !
Finalement, je clique sur l'onglet régularité : 8 pages à défiler, avec des commentaires éloquents : "Ligne 255 : respecter les horaires !" ; "Respecter les horaires et augmenter la fréquence sur la 274".
Bon, le cas du 56 n'est pas si isolé !
D'ailleurs, la thématique de la régularité est la plus populaire pour les bus sur Vous et la RATP.
07:48 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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05.05.2009
Et un petit coup d'Europe !
Bruxelles - et plus précisément l'ultra libéral commissaire au Marche intérieur Frits Bolkestein, auteur d'une directive qui joua beaucoup en faveur du "Non" lors du référendum sur Traité établissant une Constitution pour l'Europe - nous concocte une petite réforme qui s'en va certainement renforcer l'actuelle défiance des consommateurs à l'égard des marques et des distributeurs.
Vous vous souvenez des virulentes attaques de 60 millions de consommateurs contre Prince de LU, Jockey, Amora et consorts, accusés d'avoir subrepticement diminué le poids de leurs pots et paquets pour masquer une augmentation de prix au kilo ; depuis les clients se méfient bigrement dans les linéaires ...
L'ami Frits a donc décidé de leur compliquer la vie en dérèglementant poids et litrages.
Concrètement, ça veut dire quoi ?
Aujourd'hui, une demi-livre de beurre pèse ... 250 grammes: logique, non ?
Ben demain, elle pèsera ... ce qu'elle voudra !
De toutes façons, il n'était pas écrit "demi-livre" sur les paquets, juste en petit "250 grammes" ; mais d'un simple coup d'œil, la ménagère savait ce qu'il en était et la distinguait aisémentde la petite plaquette de 125 grammes et la grosse d'une livre tout rond.
C'était simple, visuel et ... honnête !
Tout cela, ce sera bientôt bel et bien fini : et vive la plaquette de 115 grammes au même prix que celle de son concurrent qui en pèse encore 125, le benêt !
Je ne multiplierai pas les exemples, mais il est clair que bien des industriels vont s'engouffrer dans la brèche, pensant à tort que le consommateur, le naïf, n'ira verra que du feu.
Déjà qu'il y a bien d'autres trucs pour gruger le consommateur !
Dans l'électronique par exemple, comment font les distributeurs qui veulent conserver de confortables marges sur les produits en promotion ... et ne surtout pas prendre le risque de voir un concurrent casser les prix quand eux-mêmes garantissent les prix les plus bas de France ?
Facile : vous demandez à votre industriel préféré de vous peindre un petit liseré doré et de renommer le téléviseur WS37AI en WS37AID ... que bien évidemment, personne ne trouvera ailleurs : la tête du consommateur qui fait la tournée des magasins de sa ville, son petit papier avec la référence à la main pour trouver moins cher !
Bref, comme s'il n'y avait pas déjà assez de recettes pour tromper le consommateur ... et surtout se faire prendre la main dans le sac par des consommateurs de plus en plus avertis !
Et à part ça, on dit que c'est moi qui tue le marketing !
07:54 Publié dans Un peu de bon sens | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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