29.04.2009

Universal porte atteinte aux droits des artistes

barbara.jpgCe n'est pas moi qui le dit - je n'aurais pas les moyens de me payer les avocats en cas de procès - mais ... le Tribunal de Grande Instance de Paris qui "a jugé qu'en commercialisant le vidéogramme intitulé "Barbara au Châtelet" sans l'autorisation de Monsieur Marcel Azzola, la société Universal Music a porté atteinte à ses droits d'artiste-interprête".

Jugement définitif.

Pour ses représentations au Théâtre du Châtelet du 16 septembre au 11 octobre 1987, Barbara s’était entourée de trois musiciens, dont celui qui fut le fidèle accordéoniste de Jacques Brel : Marcel Azzola - celui à qui le chanteur lancera son célèbre "Chauffe Marcel !" dans Vesoul.

Bref un concert d'exception, dont Universal Music tirera une vidéo trois ans après la mort de l'artiste ... juste ce qu'il faut pour que le tiroir caisse fonctionne ; évidemment, les amoureux de la Dame en Noir se rueront sur le DVD, même si la qualité ne semble pas nécessairement au rendez-vous, comme en témoigne ce témoignage sur Amazon :

"La réalisation de Guy Job est très agaçante : l'ordre des chansons n'est pas du tout respecté et le montage se permet des effets dévastateurs qui nuisent à l'émotion du concert [...] Mais bon, on ne va pas bouder notre plaisir, ce concert reste formidable."

Bref, une belle machine à fric, fondée sur l'émotion ... alors s'il fallait encore demander leur avis aux artistes !

Comme disait un certain Pascal Nègre, président de la Société Civile des Producteurs Phonographiques :

"Il est urgent que soient adoptées les dispositions qui permettront, sans bien sûr qu’aucune atteinte ne soit portée à quelque liberté que ce soit, de lutter contre le téléchargement illégal des œuvres culturelles contre la volonté exprimée de tous ceux, auteurs, artistes, producteurs sans qui elles n’existeraient pas."

Un certain Pascal Nègre, par ailleurs président d'Universal Music France : non au piratage illégal gratuit donc, qui ne rapporte rien aux maisons de disque, mais oui à celui qui leur rapporte des sous, c'est quand même une toute autre logique !

Et c'est d'ailleurs aujourd'hui qu'Hadopi revient à l'Assemblée Nationale ... que soutient rappelons-le, un certain Pascal Nègre ...

PS qui n'a rien à voir : puisque l'on parle de Brel et de Barbara, vous souvenez-vous de ce Franz, ce film extraordinaire et désespérant que Brel tourna en 1971, avec Barbara en Léonie, et lui en Léon ?

28.04.2009

Le charme obscur de la Belgique !

IMG_0110.JPGAurélie m'envoie cette photo prise à Gand.

Jusqu'à présent, de Gand, je n'avais guère retenue que la chanson de Brel :

"Messieurs les Flamingants
"J'ai deux mots à vous rire [...]
"Vos regards sont lointains
"Votre humour est exsangue
"Bien qu'y aient des rues à  Gand
"Qui pissent dans les deux langues ..."

Et voilà que je découvre cette plaque !

Renseignements pris auprès de mon vieil ami Wikipedia, il ne s'agit que d'une simple homonymie : "François Laurent, né le 8 juillet 1810 à Luxembourg, et décédé le 11 février 1887 à Gand, est un historien luxembourgeois".

Tant pis !

Mais bon, il faudra quand même que j'y repasse un de ces jours ... juste pour le fun !

26.04.2009

Carrefour ou l'art de mystifier

Carrefour.jpg

Plus ou moins fidèle client de Carrefour - suffisamment pour posséder une carte de fidélité de l'enseigne -, je reçois récemment une invitation à participer à un Grand Jeu Privilège Fidélité - rien de moins que ça !

Avant même de pouvoir participer, il me faut cocher quelques cases "légales", reconnaissant notamment avoir pris connaissance du règlement du concours : quoi de plus normal !

Suivent deux autres cases à cocher ...

"Carrefour pourra être amené à utiliser ces données pour vous adresser toutes informations concernant ses produits et services. Si vous ne le souhaitez pas, cochez cette case".

Carrefour se montre moyennement respectueux des règles de l'opt in : c'est si je souhaite recevoir des informations que normalement, je dois cocher la case (elle n'est pas cochée par défaut, c'est moi qui l'ai fait avant la copie d'écran).

Mais bon, la formule n'est pas longue, je suis vigilant et je coche la case ... ce qui est parfaitement inutile, puisque que je suis déjà dans la base de Carrefour en tant que possesseur d'une carte de fidélité ... et que j'ai déjà par ailleurs accepté de recevoir des offres commerciales, ou des invitations à des concours, comme celui-ci !

La seconde case renvoie à un libellé nettement plus long ... mais je ne vais pas me laisser piéger deux fois et je coche la case ! Mauvaise pioche ...

Car l'intitulé est inversé : "Pour manifester votre accord, cochez cette case". Et là, si je coche, je rentre dans les bases de données de Ooshop, Carrefour Online, Carrefour Assurances, etc. : la liste est copieuse.

Et c'est parce qu'elle est copieuse, que je coche, fier de mon expérience précédente ... et zou ! Piégé.

Peut-on légalement attaquer Carrefour pour mystifier ainsi ses clients ? Non ...

On peut juste leur reprocher une démarche bien peu éthique ... ou plus faire plus simple, pas très honnête !

On peut par contre légalement leur reprocher ne ne pas avoir respecté les règles de l'opt in pour la première question ... ceci, je le dis juste pour le cas où une association de consommateurs passerait par là.

On peut enfin leur reprocher de nuire un peu plus à l'image du marketing en général et de celui de la distribution en particulier : un (fautif) pour tous (coupables) ...

20.04.2009

Qui mieux que Renault ...

RENAULT_LOGO_01.jpeg"Qui mieux que Renault peut entretenir votre Renault ?"

Régulièrement, la marque au losange dépense moult spots télévisés pour poser la question et vanter le mérite de son réseau de concessionnaires.

Et la réponse est ???

Ben un peu tout le monde ... sauf les concessions Renault évidemment !

Retour sur expérience.

Il y a déjà quelques mois, un phare de la Mégane que je conduisais me lâche bêtement : avez-vous déjà essayé der changer une ampoule de Mégane ? Non, mais c'est facile comme tout de changer une ampoule ... enfin, c'était jadis ... enfin je croyais.

Je soulève le capot, et la surprise : rien d'accessible, pas un mm de libre : quel bordel, vraiment, quel bordel !

Le mode d'emploi indique comment procéder en passant la main, puis le bras, par-dessus ... la roue : si, si, en allant chercher un improbable trou dans la carrosserie au dessus de la roue.

Après quelques essais nécessairement infructueux, je me rends à la concession de Montreuil. Je leur pose mon problème (changer une ampoule) : il faut faire la queue pendant 10 minutes pour prendre rendez-vous : si, si ...

Pourquoi ? "Il faut démonter l'aile, il y en a pour une demi heure". Je m'imagine au bord de l'autoroute avec mon phare en rade ! Depuis j'ai acheté une Fiesta, et j'ai vérifié : le phare semble plus accessible, je dois pouvoir me débrouiller en cas de problème.

Pour en revenir à mon problème, je me suis rendu dans un petit garage de quartier et là, j'ai eu l'heureuse surprise de le voir se coller "amoureusement" la joue à l'aile avant, enfiler le bras entre le pneu et le passage de roue, faire quelques grimaces, quelques grimaces encore ... et c'était fini.

Le mode d'emploi que livrent quelques amateurs éclairés sur les forums auto :

"Il faut braquer les roues vers la gauche. Ouvrir l'obturateur qui est clipsé dans le garde boue, ensuite si tu as une petite main, tu l'a glisse vers l'optique et tu enlèves le cache en tournant, puis tu enlèves le connecteur en tirant (il faut jouer), ensuite il y a un ressort, tu pousses un peut le haut et tu rabats, tu sors l'ampoule et tu l'a change. Ensuite tu remonte dans le sens contraire. Un conseil, ne retrousse pas les manches car tu t'arrache la peau en glissant la main vers l'optique. Il faut presque aller chez le garagiste pour changer une ampoule, c'est ouf !!!!"

"Faut presque aller chez le garagiste" ... mais pas chez Renault, sinon c'est 30 minutes de main d'oeuvre.

Un, c'est vraiment aberrant de prévoir un tel pataquès pour changer une ampoule !

Deux, c'est encore plus aberrant quand les spécialistes maison n'en sont même pas capables !

Je me suis alors amusé à taper sur Google le fameux slogan : "Qui mieux que Renault peut entretenir votre Renault ?"

Réponse : "... en tout cas pas Renault", découvre-t-on sur un des forums de Caradisiac ; "Je ne vais plus dans les concessions après plusieurs discussions musclées avec les techniciens", se plaint un "Vétéran confirmé".

Sur son blog, Plume au vent se montre tout aussi vindicatif : "Qui mieux que Renault peut entretenir votre Renault ? Tout le monde équipé de bras et d'yeux ! Même pas la peine de s'y connaître en mécanique ! A croire que la formation Renault consiste à apprendre à ses agents à être les meilleurs bonimenteurs !!! Tout y est, le ton, l'accent, l'air catastrophé, de vrais comédiens qu'on pourrait nominer pour un Oscar !!! Heureusement, Internet m'a sauvé d'un facture de.... 1 600 euros !"

Morale (marketing) : en matière de CRM, rien ne sert de clâmer son excellence ... mieux vaudrait en apporter la preuve concrète.

16.04.2009

D'une Ségolène à l'autre

Ruffin.jpgJ'ai récemment lu deux livres évoquant l'ancienne candidate à l'élection présidentielle, et force est de reconnaître que le portrait diffère prodondément d'un ouvrage à l'autre.

Ségolène®, la "femme marque", tout d'abord, de François Belley, un "fils de pub" comme il se définit en dernière de couverture ... sans doute pour cela que la préface est signée d'un des plus grands copains de Sarko, Jacques Séguéla, l'homme à la Rollex !

"Avec Ségolène Royal, jamais la politique ne se sera autant rapprochée de l'univers des marques", précise l'éditeur : et c'est à la démonstration à laquelle se livre en 180 pages l'auteur ... et j'ai comme l'impression qu'il aurait pu se livrer au même exercice avec les divers copains de Seguela, Sarko ou l'autre, le petit qu'il a fait découvrir en 1981, Mitterrand !

Le marketing politique existait même avant tonton Jacques ... et peut-être devrait-il tenir compte des évolutions sociétales, comme l'autre marketing, celui des produits de "grande conso" !

Par exemple, les consommateurs se montrent de moins en moins sensibles au "bling bling" ou aux marques glamour mais sans réel contenu ; à ces marques que rien ne distinguent des autres, sinon la pub, la pub, la pub.

Or c'est quoi, le contenu de la marque Royal ... et là, c'est François Ruffin qui nous le révèle dans La guerre des classes : un contenu nécessairement libéral depuis que le Parti Socialiste s'est converti à l'économie de marché.

Royal n'est pas une marque sans contenu ... mais une marque au contenu hyper banalisé : pas une feuille de papier à cigarettes entre les deux finalistes de la dernière présidentielle.

Un contenu banalisé pour lequel elle est légitimement moins crédible que le candidat de droite : le libéralisme, il est un peu tombé dedans en entrant en politique, Sarkozy !

Bref, Ségo a renoncé à un positionnement légitime - celui historique de son parti - et différenciant pour un nouveau, pour lequel elle n'a aucune légitimité ... enfin, un peu moins que son concurrent !

Tout cela en pensant que l'ancien était totalement et définitivement has been ; mais elle n'est pas la seule à jeter les vieux oripeaux de gauche aux orties dans l'espoir de gouverner : "c'est toute une chorale qui récite ce refrain", souligne Ruffin.

Le plus drôle, c'est qu'à peine un an après son échec de 2007, le libéralisme bat de l'aile ... bref l'ancien discours n'est soudain plus si hasbeen ... sauf qu'il n'y a plus grand monde - et surtout pas Ségo - pour le tenir. Ironie de l'histoire.

Je ne terminerai pas ce papier sans recopier cette superbe citation tirée du livre de Ruffin : "La guerre des classes existe, c'est un fait, mais c'est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter".

Signé Warren Buffett !

A méditer ...

15.04.2009

Les nazillons du 2.0

Metapedia.jpgEn surfant sur la toile et glânant quelques infos sur Wikipédia, je suis tombé sur ce site : Metapedia.

Sa page d'accueil souligne : "Metapedia est une encyclopédie électronique qui traite de culture, d'art, de science, de philosophie et de politique". Why not, même si c'est le cas de Wikipédia et de bien d'autres encyclopédies, en ligne ou non ?

Mais encore : "Metapedia met l’accent sur des sujets qui ne sont pas habituellement traités - c’est-à-dire qui restent à l’extérieur - des encyclopédies classiques. Metapedia a un but métapolitique : influer sur les débats politiques et philosophiques, et sur la manière dont sont présentées la culture et l’histoire".

"Un but métapolitique": Quézaco ?

L'actualité d'aujourd'hui, c'est L'Œuvre française qui organise les 8, 9 et 10 mai trois journées d'action nationaliste à Paris.Pour ceux qui auraient oublié, la page de Wikipedia consacrée à ce "mouvement d'extrême droite français fondé en 1968 par Pierre Sidos".

Sinon, on a droit à un papier détournant la pensée de Jaurès et revendiquant que "la seule formation politique en France à défendre les valeurs de justice sociale et d’humanisme est le mouvement de Jean-Marie Le Pen".

Bref, ça a le look du 2.0, pas vraiment le goût, et c'est bien facho !

Et ça se présente comme "l'encyclopédie alternative" ! Sic ! Avec une photo de Diderot en page d'accueil, de quoi le faire se retourner dans sa tombe ...

13.04.2009

Stonehenge

Stonehenge.jpgStonehenge, vous connaissez ?

Si vous me répondez que "Stonehenge, dont le nom signifie « les pierres suspendues », est un grand monument mégalithique composé d'un ensemble de structures circulaires concentriques, etc. ", c'est que vous aurez triché et consulté Wikipedia ... bon réflexe cependant !

Si vous vous êtes un peu baladé sur la page Wizz de Télérama, ou sur Dogmazic, et que vous êtes un peu amateurs de rock progressif, vous saurez que Stonehenge est un "quatuor progressif à tendance psychédélique, qui a commis ses méfaits à Toulouse au début des années 1990".

Définition relevée sur le site de ... Stonehenge, on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même. Site sur lequel vous pourrez tout aussi bien écouter, et télécharger, gratuitement le titre éponyme d'un peu plus de 26 minutes, que découvrir la biographie du groupe - Laurent à la batterie, Sébastien aux guitares et chant, OlivierPatrick aux claviers, tambourin et chant, à la basse, tin whistle et carillon.

Première remarque : le disque, bien qu'un peu court - ils s'en expliquent sur leur site - est remarquable : pas une ride, et bien dans la veine progressive qui va d'Iris - petit groupe de l'Est de la France qui sévit quant à lui dans les années 1970, et que j'ai eu le plaisir de découvrir au lycée Victor Hugo où je poursuivait quelques humanités (traduire : je passais mon bachot es lettres, avec un zest de latin et de grec) - à mes copains de Licite Fondation dont je vous ai déjà parlé plusieurs fois ici.

Notez que si vous avez connu Iris ... ils se reforment et viennent de sortir un disque !

Seconde remarque : vous pouvez non seulement télécharger mais aussi graver le morceau proposé parce que sous licence IANG.

Sous licence IANG ? "IANG est ce qui empêche le droit d'auteur d'être un droit d'autorité, et la musique d'être une marchandise. En résumé, la licence IANG vous donne la liberté de faire ce que vous voulez de notre musique, à condition de ne pas utiliser cette liberté au détriment d'autrui. Vous pouvez écouter, copier, diffuser notre musique, si vous préservez la licence et les noms des auteurs".

Une façon d'envisager la musique qui m'évoque plus mes copains de Licite Fondation, que les tenants de la loi Hadopi aux ordres de Nègre et Sarkozy.

Internet permet aujourd'hui à des artistes d'exister encore et toujours : il y a une vie, indépendamment des maisons de disque !

Certes, les compères de Stonehenge se demandent "toutefois si le CD d'un groupe défunt depuis des lustres pourrait vraiment susciter un quelconque intérêt hors de notre petit cercle mégalolithique" ... la réponse est évidemment oui, comme je pense que la toile regorge de ces petites pépites.

08.04.2009

Les entreprises manquent d'éthique

Ethicity.jpg

La Semaine du Développement Durable constitue l'occasion de multiples études sur ... le développement durable - of course - et l'environnement en général, mais également l'éthique et la responsabilité sociale des entreprises - la RSE.

Ainsi Elizabeth Reiss d'Ethicity présentait-elle mercredi matin son étude annuelle Les Français et la consommation durable, avant de me rejoindre sur la Salon MD Expo pour notre conférence commune : Réputation en ligne, éthique des marques : comment les apréhender ? comment les gérer ?

Si je n'ai pas eu la toute primeur des résultats, le dossier que me remit en arrivant Reiss était encore tout chaud !

Et cette année, la crise économique s'est bien évidemment invitée puisque pour 90 % des Français, elle représente une occasion de revoir nos modes de vie et de consommation ... et 69% d'entre eux déclarent avoir changé de comportement en matière de développement durable au cours de ces 12 derniers mois !

Cela étant, on ne se méfiera jamais assez du déclaratif ... mais la prise de conscience est au moins évidente.

Toujours est-il qu'un Français sur quatre choisit régulièrement des produits respectueux de l'environnement et trois sur dix font bien attention à ne pas acheter de marques d'entreprises dont ils réprouvent le comportement ... attention !

Attention surtout : la côte des entreprises en la matière continue de chuter ! Ainsi à peine 37 % des Fançais font aujourd'hui globalement confiance aux grandes entreprises, contre 48% en 2006 et 61% en 2004 : manifestement les consommateurs ne se satisfont plus de beaux discours ... et les politiques ne sont pas mieux lotis : à peine 27% de la population considèrent que les politiques et les collectivités prennent suffisamment en compte les enjeux environnementaux.

De toutes façons, les entreprises ne jouent pas le jeu : proposer des produits responsables, c'est une autre manière d'augmenter les prix - 76% des Fançais considèrent les produits de la consommation responsable plus chers que les produits classiques : et pareillement, ils sont 68% à considérer que les produits et services de la consommation responsable ne sont globalement pas attractifs (prix, qualité, impression
d’agir, etc.) ...

Conclusion : les entreprises, dans leur grande majorité, sont en train de rater le grand rendez-vous citoyen du développement durable - et les marketers, celui du marketing responsable.

Mais la crise aidant - je vous l'avait bien dit, la crise est la grande invitée de l'étude -, la nouvelle stratégie de consommation responsable des Français sera désormais de ... réduire sa consommation, pour 79% d'entre eux, contre 56% il y a à peine 3 ans !

Consommer moins ... voilà qui devrait un peu secouer marketers et entrepreneurs.

L'étude d'Ethicity ne saurait se résumer à ces quelques lignes : la synthèse de l'étude se consulte ici.

Et très prochainement, Elizabeth Reiss réagira à mes questions dans ces colonnes.

07.04.2009

Ça repart ... ou ça repart pas ?

crise radio.jpgTelle est la question que je me suis posée à la lecture de la CB Newsletter du mardi 7 Avril ...

"Le président du directoire de Publicis, Maurice Lévy, a estimé [...] que le marché publicitaire mondial devrait chuter plus que prévu en 2009" ... pas de quoi se réjouir, le pire est devant nous ! Pour lui, pas de reprise "avant la mi-2010, probablement au troisième trimestre 2010" : nous voici prévenus.

Heureusement plus haut, le titre principal de la lettre (consacré aux derniers résultats de la pige publicitaire TNS Media Intelligence) se veut plus rassurant : Investissement publicitaires : léger mieux au mois de mars.

Alors ? Ça repart ... ou ça repart pas ?

Trois remarques ...

Un, suffit des analyses nez dans le guidon : à quoi bon commenter chaque mois des soubresauts, même violents ? Une hirondelle ne fait pas le printemps ... et une bourrasque en Avril ne promet pas un été désastreux - c'était ma chronique météo.

Deux, si dans une période de crise, le catastrophisme est de bon ton, méfions-nous de tous les prévisionnistes ... qui n'ont pas prévu la crise : pourquoi seraient-ils meilleurs à en diagnostiquer la sortie ?

Trois - réservé aux amoureux des chiffres. Les investissements publicitaires radio ont progressé de 15,9% le mois dernier ... est-ce une bonne nouvelle ? Pas certain ...

Les chiffres TNS Media Intelligence sont des chiffres sur base tarifaire : quand on brade, ils augmentent gaillardement ... alors que les marges fondent. Bref, cela veut peut-être tout simplement dire que les radios ont besoin d'argent frais et soldent à tout vent.

06.04.2009

Rencontre au coeur de l’innovation TGV

TGVLab.jpg

"Vous êtes ici au coeur de l’innovation TGV... Si vous avez des idées pour améliorer le service TGV, que ce soit à bord, avant et après le voyage, n’hésitez pas à nous les soumettre ! Vos idées, vos réactions aux autres idées proposées et aux projets en cours ... nous permettront de construire des services plus proches de vos attentes. Merci d’inventer avec nous les services TGV de demain !", découvre-t-on sur la page d'accueil de tgvlab.com.

Rencontre au coeur de l’innovation TGV donc, avec Laurence Ternois, TGV Lab, et Philippe Pinault, blogSpirit.

MarketingIsDead : Laurence, avant d'être une communauté en ligne, TGV Lab, c'est avant tout la volonté affirmée de la SNCF d'associer le client au processus de développement de nouveaux services : pourquoi une telle démarche collaborative au sein d'une maison à l'image plutôt "traditionnelle" ?

Laurence Ternois : TGVLab est bien plus qu'une communauté en ligne, c'est un programme d'agilité et de réactivité. Mettre les clients au cœur du processus d'innovation cela nous permet de brancher en direct les équipes projets et marketing du groupe avec leurs clients.

Les clients participent et voient leurs idées se matérialiser, les chefs de projets s'engagent et adaptent leur vision, les projets s'accélèrent. TGV lab est un espace de liberté et d'expression à travers la mise en place de communautés de clients et d'agents dont le but est non seulement d'identifier de nouveaux services à fort potentiel mais aussi de les tester auprès des clients.

En effet TGVLab n'est pas seulement une boîte à idées ! Une fois que des idées de services ou d'offres mais aussi de nouveaux concepts de voyage ont été identifiés, les clients les notent et les commentent, que ces idées soient les leurs ou les nôtres. Ils sont embarqués avec nous tout au long du processus d'élaboration des services ou des offres et sont réellement partie prenant dans les choix et les décisions de tout ce qui pourrait être mis en place pour améliorer leur voyage en train.

Cette interaction avec les clients et les agents au sein des communautés pousse les équipes VFE à se remettre en cause grâce au regard actif, volontiers critique mais souvent bienveillant des contributeurs.

MarketingIsDead : Entre des "laboratoires" où l'on dialogue discrètement avec ses clients, et un site collaboratif sur la toile, il y a un sacré pas : n'y a-t-il pas un réel risque à s'exposer ainsi à tous, à ses compétiteurs et surtout à ses propres clients ? Surtout quand ils peuvent avoir des reproches à formuler ...

Laurence Ternois : Pour l'exposition à la concurrence, je pense que le problème n'est pas d'avoir des bonnes idées mais surtout d'avoir la capacité de les transformer. TGVLab c'est également une usine à lancer des projets expérimentaux et mettre sur le marché en moins de 6 mois de nouveaux services.

Concernant les reproches, il est intéressant de mentionner que nous n'avons eu à modérer qu'une seule conversation d'un internaute qui n'était pas respectueux depuis l'ouverture des communautés en novembre en sachant que les membres de la communauté avait déjà modéré eux même la conversation. La posture de co-construction est comprise dés l'entrée dans la communauté ce qui conditionne l'esprit avec lequel les internautes participent.

Le fait de proposer un espace dédié à la co-construction permet de dialoguer directement et ouvertement avec les clients. S'exposer est le seul moyen de montrer aux clients qu'ils sont au centre de la réflexion de la SNCF et cela permet de s'assurer que l'on répond à leurs préoccupations quotidiennes et que l'on définit des services adaptés à leurs problématiques, Les reproches sont aussi une manière de progresser.

J'en veux pour preuve le lancement de la communauté pour les familles dont le but est de co-construire avec elles un TGV pour familles avec des services et des animations spécifiques. L'idée est venue d'un reproche récurrent de la part des familles sur le fait qu'il était difficile d'occuper les enfants pendant les trajets en train et des clients sans enfant qui se disaient déranger par l'agitation des enfants.

MarketingIsDead : Lors d'une récente conférence à l'Adetem, le 13 février dernier, tu as parlé d'une démarche "d'entreprise 2.0" : pourrais-tu définir en quelques mots ce que tu entends par là ?

Laurence Ternois : Dans le programme TGVLab nous avons des outils qui permettent d'accélérer les projets (diagnostic rapide, usines à expérimentations, projet réalisés en express, modes alternatifs).

Pour que ces outils de réactivité et d'agilité se mettent en place, il nous fallait préparer également que l'entreprise soit prête à travailler autrement. Pour cela nous avons développé des communautés internes qui partagent leurs pratiques et se challengent sur leurs projets et remontent des opportunités.

Une d'entre elles regroupe 40 managers de l'ensemble du groupe et croise 4 fois par ans des start up et PME pour intégrer de nouvelles opportunités au sein du groupe. C'est ce bouillonnement et cette liberté offerte à tout ceux qui veulent réaliser et se réaliser au sein du groupe que j'appelle l'entreprise 2.0

MarketingIsDead : Philippe, après les blogs, BlogSpirit se lance dans les plateformes collaboratives : quel sera le next step ?

Philippe Pinault : Les entreprises comprennent aujourd’hui l’intérêt et les opportunités d’être à l’écoute et de dialoguer avec leurs communautés, en interne comme en externe. blogSpirit, à travers des solutions de blogs, des plateformes de blogs et des plateformes participative et communautaires à vocation à les accompagner dans la maîtrise de ces espaces participatifs.

Nous pensons que 2009 sera une année importante qui verra la sortie d’un grand nombre de ces plateformes d’écoute et de dialogue ; aussi, nous avons une road map produit ambitieuse (que nous confrontons d’ailleurs avec les retours d’usage de nos clients) sur laquelle nous allons consacrer un investissement important.

Les next steps ? accompagner nos clients dans la création, le développement et la valorisation de leurs communautés à travers des solutions de type « réseau social ». Il est encore tôt pour en parler, l’occasion de t’en reparler une prochaine fois ?

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