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31.10.2007

Jour de grève ordinaire

c083fcdceee308c48aea442ba7160d7b.jpgLundi dernier, je devais me rendre à Estoril pour une intervention dans le cadre de la 12ième édition du congrès de l’Association Portugaise de Marketing, à l’intitulé prometteur : Disruption point.

Mais Air France – ou plutôt les hôtesses et stewards – était en grève … et la belle machine était grippée : je ne traiterai pas ici du conflit social – non qu’il m’indiffère – mais de la gestion plutôt calamiteuse de la crise à l’égard des passagers.

Avant le départ, la compagnie a fortement communiqué sur le numéro vert mis à la disposition des voyageurs … vous savez un de ces magnifiques robots qui vous posent des questions sournoises et ne comprennent  pas toujours les chiffres que vous pianotez : vous avez alors droit à une magnifique voix de synthèse pour vous annoncer … qu’elle n’a rien compris et va vous basculer vers un opérateur.

Une autre voix tout aussi synthétique vous ayant demandé de rappeler ultérieurement, vous vous précipitez sur le site Air France : là, la veille de votre départ, vous constatez avec soulagement – le naïf – que votre vol est confirmé.

Génial ! Pourtant je tique quand je lis que l’actualisation date de 17 heures 50, alors qu’il n’est que 16 heures 50 : on se prend à douter d’une compagnie qui vous confirme des horaires "affichés en heure locale" en oubliant de passer à l’heure d’hiver !

Mais bon, vous avez reçu un mail vous invitant à vous enregistrer en ligne et à imprimer votre carte d’accès à bord : bon signe ! Vous cliquez sur le lien … et ça ne marche pas : mauvais signe ! Que dire d’un service client qui continue à diffuser mécaniquement des procédures standard quand elles n’ont plus cours ?

Et donc lundi 11 heures, me voici à Roissy : une petite queue, mais pas trop, les bornes d’enregistrement en berne, ça, c’est mauvais signe.

A l’heure fatidique de l’enregistrement, les employés du comptoir vous annoncent gentiment « attendre de plus amples informations » de la part du siège – un endroit mystérieux, qu’on aperçoit cependant derrière la baie vitrée. « On est comme vous, on apprend au compte-gouttes », déplorent les responsables du guichet.

Mais eux, ils ont droit à être régulièrement relevés : pas nous ! Je veux bien croire que les grévistes ne claironnent pas d’avance ne pas travailler et que les régulateurs découvrent leur absence au dernier moment : mais il est incompréhensible pour ma petite intelligence de passager qu’un jour où Air France manque de personnel, on puisse espérer en dégotter soudainement, après trois heures d’attente ???

A moins de déshabiller Pierre pour habiller Paul …

Ou alors, on gère à la petite semaine : tiens voilà deux stewards, on fait partir un vol ; en voilà trois autres, le Lisbonne peut décoller.

Et c’est comme ça que le Lisbonne de 12 heures 35 s’est retrouvé programmé à 17 heures, pour réellement partir deux après le 16 heures … qui est parti à l’heure, lui !

Car on s’est repris un petit 45 minutes de plus au départ parce que le bus n’avait pas été prévenu : l’avion ne décollait pas au contact du "2 D", mais quelque part du côté de la carcasse désossée du "2 E".

Une dizaine d’avions attendaient là : le chauffeur du bus les a tous faits, s’arrêtant devant le premier, une hôtesse du desk allant voir ; et on repart !

Je ne ferai pas porter à la direction d’Air France le chapeau de la grève : je laisse journalistes et politiques discuter de la question.

Mais il est clair qu’envoyer des mails inadéquats ou chercher un appareil à la lampe de poche, tout cela donne de la compagnie une image d’amateurisme détestable, bien irritante pour les passagers qui aimeraient découvrir plus de professionnalisme de tels jours de galère.

Une vraie relation clients et une vraie gestion des crises !
 

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28.10.2007

Innovation : cherchez l’erreur !

medium_spray_on_mud.jpgJ’ai récemment eu la curiosité de regarder sur Ciao1 ce que les consommateurs disaient des Produits de l’Année 20072 : tous ne sont pas commentés, mais j’ai quand même réussi à dénicher un dentifrice, des tampons périodiques et des couches.

Force est de reconnaître que les avis sont plutôt partagés : deux ou trois commentaires longs et élogieux – presque poétiques : à un tel point que l’on sent rapidement quelques doutes germer quant à l’authenticité de ces notes… Et d’autres, souvent plus brefs, mais plus cinglants :  

« Pour le dentifrice, l'aspect est plutôt bizarre, gélatineux, beurk ! »

Les tampons « puent, ils sentent exactement la même odeur que les produits que l'on met dans les WC ».

Cherchez l’erreur !

Première précision : les membres de Ciao ne constituent en aucun cas une communauté d’affreux publiphobes prêts à dégainer sur toutes les innovations : la nouvelle couche « conçue spécialement pour éloigner l'humidité de la peau » ne reçoit que des louanges… et un score moyen de 5 étoiles sur 5 !

Seconde précision : le terrain de l’étude des Produits de l’Année ne saurait être suspecté de malfaçons, pas plus que ne devrait être remise en cause la méthodologie d’ensemble de l’élection ; certes de nombreux produits ne concourent pas… simplement parce que leurs fabricants ne le souhaitent pas.

Les vrais questionssont ailleurs – elles sont de deux ordres.

D’ordre méthodologique, tout d’abord : les gens qui répondent aux enquêtes d’opinion sont-ils réellement représentatifs de la population étudiée ? Leurs réponses recoupent-elles celles des non répondants ? Impossible de savoir… La profession ne fera pas l’impasse d’une réflexion de fond sur le sujet : Web 2.0, c’est aussi un pavé dans la mare !

D’ordre sociétal, ensuite : l’élection des Produits de l’Année se fonde sur l’idée que l’innovation constitue la pierre angulaire du marketing ; et que sa capacité à sans cesse lancer de nouveaux produits exprime la bonne santé d’une marque – et en ce sens, il est logique de chercher à recueillir les suffrages des 10 000 panélistes constituant le jury.

Peut-être serait-il temps de se demander si l’innovation constitue – ou non – un réel vecteur marketing… ou en d’autres termes si les consommateurs s’en soucient réellement !

Certainement ceci explique-t-il que selon la société XCT, un nouveau produit sur deux soit un échec dans les deux ans suivant sa mise sur le marché3 ; estimation à rapprocher de celle d’Ernst & Young et ACNielsen, selon laquelle « 43 % des "véritables nouveaux produits" lancés en Europe sont un échec dans les 12 mois qui suivent leur lancement »4.

D’autres études apparaissent encore plus alarmistes puisque selon Jean-Claude Andréani, « en 10 ans, le taux d’échec des lancements d’un nouveau produit sera passé de 40% en moyenne pour les produits de grande consommation, les produits industriels et les services, à 95% aux USA et 90% en Europe ».5

Surtout, il conviendrait de se porter réellement à l’écoute des consommateurs : petit échange relevé au détour d’une récente réunion de groupe :

« Moi, j’ai acheté le produit élu Produits de l’Année…

« C’est du marketing, ces labels ! »

Marketing : dans la bouche des consommateurs, le terme ne désigne plus une profession, une fonction dans l’entreprise : il est simplement devenu péjoratif. Pouvons-nous nous en satisfaire ? Ou peut-être serait-il simplement temps de réinventer le marketing, plutôt que de nous contenter de sempiternellement appliquer des recettes d’hier…

16 parfums ont été lancés en France en 1976, 67 en 1990, 114 en 2000, 430 en 20036 : normal que le consommateur s’y perde et éprouve un vague sentiment d’inutilité face à une telle débauche d’énergie… inutile !

La véritable question ne serait-elle pas : qui est le véritable créateur des produits ? Celui qui le met sur le marché ? Ou celui qui lui donne du sens, lui confère une réelle valeur d’usage ?

Récemment, Bouygues Telecom équipait 200 panélistes d’un téléphone téléviseur : 70% des usages eurent lieu à domicile, les consommateurs détournant le produit en un récepteur d’appoint ! 

Le plus exemple demeurera toujours celui des SMS : vraiment aucun opérateur n’aurait osé miser sur un système de communication aussi pauvre ! L’asynchrone le plus basique à l’heure où l’on ne parlait que d’interactivi­té : et pourtant, les adolescents s’en sont saisi et lui ont conféré sa réelle valeur d’usage.

Chaque fois que la possibilité leur en est offerte, les citoyens détournent, transforment, affinent les produits et services les produits qui leur sont proposés… et surtout leur donnent leur véritable sens ! Alors pourquoi continuer à les inonder de pseudo innovations qui ne les amusent même plus ?

Pour éternellement appliquer les recettes du marketing de la demande : j’ausculte précautionneusement ma cible, je cherche les plus petits insights – les perles rares – et j’orchestre tout cela avec rigueur et passion… pour m’entendre dire : « bizarre, gélatineux, beurk ! ».

Il est temps d’instaurer un réel dialogue d’égal à égale avec les consommateurs – « Les marchés sont des conversations », disaient les auteurs du Manifeste des évidences7 – et de jeter les bases d’un marketing collaboratif.

PS – Le produit en photo, c’est… de la boue en bouteille à asperger sur les véhicules tout-terrain qui ne bougent pas du bitume de Londres, pour faire croire que l’on n’est pas juste un frimeur !

 

1 http://www.ciao.fr

2 http://www.produitsdelannee.com

3 http://www.emarketing.fr

4 Ibidem

5 Jean-Claude Andréani : Marketing du produit nouveau, in Revue Française du Marketing n° 182, 2001.

6 Pierre Musso, Laurent Ponthou, Eric Seuilliet : Fabriquer le futur 2, Dunod, 2007.

7 http://www.cluetrain.com

 


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23.10.2007

SEMO : à vous de poser les questions

04e69f963df5764c82f47ce832e843d3.jpgJeudi 8 Novembre, sans le cadre du SEMO – qui fête ses 10 ans –, j’anime une table ronde :

Les dynamiques consommateur: de nouvelles perspectives!

Le sujet m’est cher : Aujourd’hui le consommateur est en rupture avec les normes marketing traditionnelles ! Il se métamorphose dans de nouveaux comportements qui évoluent le plus souvent à son insu.

L’impact de ces comportements de rupture sur la consommation est profond et nécessite de nouvelles approches marketing que les instituts d’études doivent inventer pour être toujours plus performants !

A mes côtés, Olivier Heck (Adidas), Marc Gilles (Marc Gilles & Associés), Olivier Chavanon (Université de Savoie) et Richard Bordenave (Danone) : que du beau monde ! Pour les pedigrees complets, visitez le site du SEMO, ils sont trop brillants et titrés …

Trois grands thèmes de discussion … mais on gardera quand même une certaine liberté de digression :

  • Ces mutations du consommateur et du citoyen dont on parle tant : de simples évolutions, un peu rapides certes ; ou une réelle fracture sociétale ?
  • Conséquences en termes d’innovations produits : pratiques, méthodes, outils, etc.
  • Conséquences en termes de relations marques / clients.

Mais …

Si ce thèmes suscite en vous d’autres interrogations, ne vous privez pas : un petit commentaire, et je leur poserai d’autant plus volontiers vos questions … qu’ils ne les auront pas préparées !

Je vous attends !

PS : l’Adetem, partenaire du SEMO, sera présente sur le salon.

22:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

22.10.2007

Canal Sat récidive

d67e8a43eec14bef2d8cd54b4dd42b81.gif Fin Août, je vous signalais le "lancement", évidemment bidon, de Tout Nu TV … bien qu’on ne sache jamais trop sur le Net ! Dans le style très Charlie Hebdo des "Couvertures auxquelles vous avez échappé", Canal Sat voulait souligner d’un clin d’œil le dur labeur de ses experts à sélectionner "pour nous" de nouvelles chaînes, travail d’autant plus difficile quand on est en monopole … Le monopole, cela sent un peu le dynamisme d’une bonne vieille administration bien ronronnante ! Exactement dans le style de la nouvelle vidéo postée ICI. On y voit donc les experts de Canal Sat contemplant d’un œil morne une compétition de bilboquet sur Bilboquet TV … aussi passionnant que les courses à Vincennes, le dimanche sur … Canal Plus. Je me souviens d’une remarque de Pierre Lemonnier, considéré dans les années 70 comme le fils spirituel de David Ogilvy – que c’est vieux ! Pour lui, utiliser un style négatif dans une publicité pour mieux se faire remarquer, c’était prendre le risque d’une association négative à la marque. Quelque part, le gars qui a fait la vidéo a tenté le risque : à vous de juger !

22:20 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

20.10.2007

Quand l’entreprise se virtualise

342ace323ebe96c979b8f660dedf69b0.jpgMardi 6 novembre 2007 aura lieu la 2ième édition des T@bles Rondes du Futur ! consacrée à L’entreprise et la réalité virtuelle.

5 heures de rencontres et de débats à la Bourse de commerce de Paris, 2 rue de Viarmes, à partir de 14 heures.

Point d’orgue de la journée : le lancement de la vente aux enchères de la brique en or virtuel de la F@brique du Futur

Créée à partir de l’once d’or virtuel, cette brique servira de pierre angulaire à la construction de la Fabrique du futur.

Cet édifice rassemblera toutes les énergies, connaissances, capacités créatives de ceux qui veulent inventer ensemble le futur et non le subir.

L’acquéreur de cette première Brique de la Fabrique du Futur aura son nom associé à la création d’un étalon en métal précieux dans l’univers virtuel « Second Life ».

La vente aux enchères sera réalisée par le célèbre commissaire-priseur Pierre Cornette de Saint-Cyr.

Le lien entre l’once d’or réel et l’once d’or virtuel sera officiellement défini lors de cette vente aux enchères.

Pour en savoir plus et s’inscrire : http://www.lafabriquedufutur.org

15:07 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

17.10.2007

Formation gratuite à la création de blog

d55fb21b5d39e43d6b816cb111663648.jpgLe blog, c’est aujourd’hui l’outil par excellence du consultant qui souhaite se faire connaître pour ses idées au delà du cercle étroit de ses proches relations.1

Vous souhaitez donc créer votre blog, mais vous hésitez : vous avez peur de parler tout seul, ce qui n’est pas très sympa.

Mais comment créer du trafic autour de son blog ? Je connais la réponse ; en ayant des liens qui pointent vers soi. Sans doute : mais comment obtenir des liens qui pointent vers soi ? Ben … en ayant du trafic …

Alors ?

Alors, mon ami Jean-Pierre  Ayer, de HPR, m’a demandé d’animer, non seulement pour les consultants en relation avec son cabinet, mais pour tous ceux qui le souhaitent, une session de formation de 4 heures pour tout apprendre de l’art du blogging.

Et en plus, c’est gratuit … c’est dans l’esprit Web 2.0, quoi !

La prochaine session aura lieu le :

Vendredi 16 Novembre

De 9 heures à 13 heures

Lieu à préciser, près de la place Saint Augustin

Pour s’inscrire : envoyez-moi un petit mail : francois.laurent@adetem.net

Je vous attends nombreux.

Et n’hésitez pas à faire circuler l’information !


1Voir ma note du 5 Juin dernier

 

18:51 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Formation, gratuit, blog, consultant

Limite du marketing collaboratif

4768f846a5c19abfcf595b4e3425d500.jpgSi le marketing collaboratif est aujourd’hui de toutes les conférences consacrées à l’innovation, notons qu’il atteint rapidement ses limites lorsqu’il dérive vers … de simples effets de communication ! J’en veux pour exemple les récents déboires d’Hasbro.

La firme américaine souhaitait commercialiser une nouvelle version de son célèbre Monopoly en remplaçant les traditionnelles rues et gares par des villes de France : et d’ouvrir un site où les internautes pouvaient voter pour la ville de leur choix parmi une quarantaine, voire en propose une autre en jouant le Joker.

Résultat, fin Septembre, le peloton de tête se composait de Dunkerque et Perpignan au coude à coude mais loin derrière … Montcuq, petite ville du Quercy. Tout est parti parallèlement du blog de Laurent Bazet*, un montcuquois, et du site de jeux Tric Trac** :

« Le Monopoly se déclinera bientôt en version "France", les noms de communes remplaçant les ceux des célèbres rues et avenues parisiennes. […] Mais cela devient beaucoup plus amusant d'essayer de voter pour votre village et suivre son classement. Evidemment, je soutiens Montcuq et je compte sur vous pour m'y aider ! », lançait donc le 12 Septembre Laurent Bazet sur son blog.

Premier commentaire signé Monsieur Phal : « Les joueurs francophones surfant sur www.trictrac.net sont avec vous pour voir Montcuq dans la boîte du Monopoly !!! »

Le buzz était parti.

Quelques jours plus tard, une journaliste m’appelle pour me demander si cette aventure ne signait pas la mort du marketing collaboratif : du marketing collaboratif, le concours lancé par Hasbro ? Allons donc…

Le marketing collaboratif suppose que l’on associe étroitement le consom­mateur au processus créatif dans son ensemble : or qu’en est-il ici ? Le cadre, plutôt étroit, et déjà prédéfini, s’impose aux participants : et pas question pour eux de remettre en cause la sacro saint plateau et les cases qui le bordent.

Alors, comme dans tous les cas où le produit proposé ne correspond pas à ses aspirations, le consommateur va la détourner à son profit … et proposer Montcuq. A un ersatz de marketing collaboratif répond … un ersatz de participation.

* http://bazet.blogs.com

** http://www.trictrac.net

 

16:56 Publié dans Un peu de bon sens | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

15.10.2007

Second Life de l’intérieur

dfb0db26472a71fe667e32d976926af9.jpgSecond Life, vous connaissez … mais souvent plus comme un objet extérieur, un objet d’analyse ; avec Carole-Anne Rivière, je vous propose de vous glisser dans la peau de ses habitants.

Second Life offre un exemple d’espace de perception de la réalité qui rencontre une trace profondément enfouie et oubliée dans les représentations d’un plaisir sans limites. Ce n’est pas un hasard si Internet est devenu en quelques années un objet d’addiction. Ce nouveau média propose des formats de communication et de recherche d’informations sans clôtures, les plus accros témoignant du sentiment de liberté, d’autonomie, de puissance, de bien-être extraordinaire qu’Internet leur procure.

Second Life appartient à ces univers offerts par les nouvelles technologies qui, dans la continuité des chat, conjuguent la virtualité des dimensions matérielles physiques (l’espace et le corps) avec l’actualité du temps réel et des conversations écrites. Dans l’environnement d’un monde multimédia en trois dimensions, l’avatar mime les comportements de la vie quotidienne, se déplace et dialogue à deux ou plusieurs, ce qui augmente les sensations d’être en présence d’autres participants. Cela favorise également, pour l’individu derrière son écran, un sentiment de continuité entre ce qui est vu et projeté sur l’écran et ce qui est ressenti au même moment dans la réalité. Car, ce qui caractérise l’expérience sur Second Life, c’est de ressentir les mêmes émotions que dans la vraie vie. […]

Comme dans un rêve, on se voit dans une réalité sensible dédoublée, ce qui pose la question de l’imaginaire et du désir au coeur des relations entre jeu et réalité, perceptions et représentations, dedans et dehors. On interprétera de différentes façons le plaisir émotionnel que ressentent les accros sur Second Life.

La suite, découvrez-là au sein de cet étonnant ouvrage collectif récemment paru aux éditions Les Petits matins et intitulé : Second Life, un monde possible.

22:35 Publié dans Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Second Life, Web2.0, sociologie

14.10.2007

Les majors, fin de partie !

ccff7e53ee193bba35da20b7db7d3421.jpgQuand les Arctic Monkeys1 ont inscrit leur premier album au sommet des charts en Angleterre, simplement après avoir offert leur musique en téléchargement gratuit sur leur site Internet, dans leur très grande majorité les professionnels de l’édition musicale n’y ont vu qu’un épiphénomène – « Allez donc, ils n’avaient rien à perdre, juste un coup de pub, mais tout rentrera bien vite dans l’ordre » !

Quand Manu Chao se classa plus récemment parmi les 10 meilleures ventes sur le site de la Fnac après avoir longtemps offert Rainin' in Paradize, l’une des principales chansons du CD, en téléchargement gratuit sur son site Internet2, dans leur très grande majorité … bis repetita ! « Allez donc, un marginal qui fraye avec les artistes des rues » !

Quand David Bowie déclarait à Libération lors de la sortie de son album Reality en 2003 : « J’imagine que la musique changera pareillement dans son essence et sa fonction. Aussi accessible que l’eau et l’électricité, il ne sera plus indispensable de payer pour l’avoir et elle ne sera plus le bien exclusif de quiconque. Et l’originalité des artistes ne se fondera plus que sur le spectacle », dans leur très grande majorité … bis bis repetita ! « Allez donc, un has been dont plus aucune maison de disque ne veut » !

A la même époque, je notais dans La grande mutation des marques high tech : « Ainsi très certainement un jour les majors s’effondreront-elles : mais à quelle vitesse ? Il suffira que de nouveaux "Beatles" émergent sur la toile, totalement en marge des circuits classiques, et fondent leur succès sur ce modèle alternatif, pour que tout bascule très vite ».3

Et voilà que Radiohead, groupe mythique de la pop anglaise de la trempe des Beatles ou des Pink Floyd, un groupe avec qui toute maison de disque aimerait signer, les majors en tête, Radiohead donc sortait le 10 Octobre dernier un nouveau CD … sans contrat avec aucune maison de disques !

Un simple message posté sur le blog du groupe – Dead Air Space4 – annonçait l’événement à la communauté des fans … et le buzz a joué à plein, très, très vite ! D’autant que si l’album n’était pas en téléchargement gratuit, c’est l’internaute qui en fixait le prix lui-même le prix !

Et le tiers qui choisirent de ne rien payer reçurent leur lien de téléchargement, comme les autres.

Le 12 Octobre, le site français radiohead.fr5 annonçait déjà 1,2 millions téléchargements, excusez du peu !

En passant outre maisons de disque et distributeurs – et malgré 30% de téléchargements gratuits – Radiohead gagnera certainement autant qu’avec certains de ses précédents opus : certains internautes ont même choisi de payer nettement plus cher que le prix courant ! Simplement, ils inaugurent une nouvelle ère où les artistes dialoguent directement avec leur public.

Si non seulement les nouveaux entrants, les marginaux, les has been, mais maintenant les stars montrent que les artistes peuvent aisément se passer des majors, le futur de la musique n’aura jamais été si près !

Il est clair que la mission chargée par la Ministère de la Culture de réfléchir sur "La lutte contre le téléchargement illicite et le développement des offres légales d'oeuvres musicales, audiovisuelles et cinématographiques" – dite Mission Olivennes – devrait se saborder plutôt que de proposer des mesures aussi antédiluviennes telles que la « mise en œuvre d’un système d’avertissement en cas de téléchargement illégal et de sanction proportionnée en cas de récidive ».6

Cela étant, à la décharge de son président, par ailleurs patron de la Fnac, ce dernier n’est peut-être pas totalement au fait de l’actualité musical de la pop anglaise : In Rainbows manque évidemment à l’appel dans ses bacs !

Quand au disque lui-même, après des mois et des mois de silence – plus un album solo de Thom Yorke et une tournée pour renouer le dialogue avec son public – il surprend au premier abord, comme tous les grands albums du groupe.

Bref, un grand cru !

1 Voir ma note du 13 Mai 2006.

2 Voir ma note du 08 Septembre 2007.

3 François Laurent : La grande mutation des marques high tech, Village Mondial, 2005.

4 http://www.radiohead.com/deadairspace/

5 http://www.radiohead.fr

6 Libération, 13 et 14 Octobre 2007.

15:40 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Musique, majors, Radiohead, téléchargement

12.10.2007

Prêts à l’enterrer

309a060af22a6450c1ec08a29f273920.jpgMercredi soir, je consultais mes mails à la terrasse d’un café, branché comme à mon habitude sur la première connexion WiFi gratuite venue – j’ai toujours été émerveillé que d’aucuns s’écrivent de superbes business models basés sur de la mise à disposition payante de connexions WiFi quand les gratuites pullulent…

Je consultais donc mes mails après une longue journée de conférences et découvre soudain le dernier papier de Thierry Groussin sur son nouveau blog Indiscipline intellectuelle – lien dans la colonne de gauche, sobrement intitulé.

Un papier assez virulent qui m’a bien diverti après une journée studieuse … surtout en lisant les dernières lignes :

« Je suis d'accord avec François Laurent: le marketing est mort et s'il ne l'est pas, nous autres, qu’il prend encore pour des consommateurs, on finira par avoir sa peau ».

A lire sans modération, ça fait du bien !

 

11:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

08.10.2007

Je n’ai plus droit à l’ADSL !

e613c7b1cda63ff429e9abe78fb14d94.pngHier, je découvre un message sur mon répondeur téléphonique d’un collaborateur d’Orange m’informant que je pourrais bénéficier d’une réduction de 5 euros sur le prix de mon abonnement Internet.

Comme il ne laissait pas de nom ni de numéro à rappeler, je me suis rendu sur le site d’Orange pour essayer de voir comment bénéficier d’une petite réduction de tarif sur mon abonnement ADSL 8 Méga Max.

Donc, mon compte, puis ma formule : Internet 8 MM+TV+Tel, puis changer d’offres … et je découvre :

« Nous sommes désolés mais les caractéristiques techniques de votre ligne téléphonique ne vous permettent pas de bénéficier de l'accès au haut débit ».

Je lance un petit test de vitesse de ma connexion Internet : 7093 kbits/sec, c’est pas mal quand on ne peut recevoir l’ADSL !

Je jette un œil sur le site d’Alice et y effectue un test d’éligibilité : surprise, là ça marche.

Finalement, ce doit simplement être une astuce d’Orange pour éviter que je prenne un abonnement plus cher : sympa quand même !

 

21:29 Publié dans Un peu de bon sens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

07.10.2007

Un blog est né… again !

52c6909230e6f4b3a2eee40654be02ed.jpgJe reçois aujourd’hui ce mail de Thierry Groussin :« Maintenant que tu as fait de moi un blogaddict, viens donc voir le résultat! ».

Quelle responsabilité : si je rend mes amis "blogaddicts", je vais bientôt me retrouver dans je ne sais quel cul de basse fosse ! On n’est jamais assez méfiant !

J’ai cliqué sur le lien : http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com et ai découvert Indiscipline intellectuelle.

« J’ai deux passions : la prospective et le développement de l’humain.

« J’ai un sujet de réflexion privilégié : les paradoxes.

« Comment se fait-il qu’une entreprise ou un métier fassent toujours plus d’efforts pour se banaliser alors même qu’ils invoquent toujours plus haut leur différence ?

« Comment se fait-il qu’un individu, dans son couple ou dans son travail, reproduise les comportements qui le conduisent à l’échec ?

« Comment se fait-il qu’en règle générale, individuellement ou collectivement, on fasse toujours plus de la même chose, on additionne des décisions qui nous entraînent toutes dans le même sens, quand il faudrait faire radicalement autrement ?

« Comment se fait-il qu’on se rende prisonnier de tels cercles vicieux alors même qu’on en est conscient ?

« Ce blog est autour de ces interrogations ».

Un gars qui écrit de pareilles choses ne pouvait être tout à fait normal à la base : je ne suis certainement pas totalement responsable de son addiction.

Et puis, le risque n’est pas très grand : combien de bloggers se sont fièrement lancés … qui ont rapidement délaissé la plume.

Au travail Thierry, tu ne sais pas à quoi tu t’engages !

PS : comme je ne savais pas trop comment illustrer le post, j’ai trouvé que la pochette du magnifique album de King Crimson intitulé : Discipline irait merveilleusement bien. 

19:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

03.10.2007

Flemme ?

16bf93f882c639cc78c71af53a0e51cc.jpgPeut-être aurez vous constaté ces dernières semaines une certaine baisse de productivité sur ce blog : Monsieur MarketingIsDead aurait-il la flemme après les vacances ?

Pas vraiment, je n’ai jamais autant écrit que ces derniers jours… même si je n’ai pas tout publié dans ces colonnes.

Et Marketing Is Dead, le livre, serait-il également en panne ?

Non, il avance plutôt bien – l’un expliquant l’autre, d’ailleurs.

En effet, après de longues interrogations, j’ai décidé de faire confiance à Malo Girod de l'Ain et à le publier chez M21 Editions ; et de fait, maintenant, j’ai des dead lines à respecter – un manuscrit à rendre.

Je n’ai pas pour autant abandonné mes réflexions sur une maison sur l’opportunité de lancer – provoquer, coopérer à, etc. – une maison d’édition de type 2.0, bien au contraire.

Pour l’heure les initiatives de Malo me semblent aller dans le bon sens – celui de l’histoire et du 2.0 – avec ses espaces collectifs collaboratifs et ses blogs liés aux livres publiés chez M21 : pour lui, le livre ne s’arrête pas à du papier déposé sur les rayons des libraires, il doit continuer à vivre, évoluer, provoquer le dialogue au delà…

Par ailleurs, Malo se prépare également à la grande révolution de l’encre électronique… et là encore, bien des surprises sont à venir. L’avenir du livre – le Livre 2.0 ? – se situera à la croisée de ces chemins : voilà pourquoi j’ai choisi de progresser un peu avec lui.

Dans les jours qui viennent, je vous solliciterai au travers d’un florilèges de questions… certaines de vos réponses se retrouveront dans le livre.

 

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